A M. DE CHAMPAGXY, DUC DE CADORE
Paris, l'i" janvier 1811.
II me revient de Prusse des renseignements différents de ceux que vous m'avez donnés hier sur l'affaire des 800,000 francs du consul à K6nigsberg. II paraîtrait que 14 bâtiments chargés et 15 sur lest du convoi de la Raltique ont été libérés par ce consul, qui, tant pour ceux-ci que pour ceux qui les ont précédés, a reçu une somme de 800,000 francs. On me dit que ces bâtiments avaient une cargaison de 2,800,000 francs. Cette affaire m'est présentée comme douteuse. Faites-moi connaître la réponse de M. Clérembault à vos observations. Donnez-lui ordre de faire verser à la caisse de votre ministère tout l'argent qu'il aurait touché, mon intention étant de l'employer à bâtir l'hôtel des relations extérieures. On m'assure
(2) llnd.
96 LETTRES INEDITES DE XAPOLEOX I". — 1811.
que le sieur Clérenibault aurait reçu 1,500,000 ou 1,600,000 francs de cette manière.
Mon intention est que les 2 millions du sieur Bourrienne soient employés de la même manière. Faites-moi faire un état des permis qu'il a délivrés, aGn qu'on ait des pièces qui le condamnent administrativement à payer cette somme.
Le sieur Lâche vardière a dû verser 500,000 francs à la caisse d^amortissement. Prenez des mesures pour que, ce qu'il n'aurait pas encore versé, il le verse à la caisse des relations extérieures. Demandez aussi à Hambourg des détails positifs sur les fonds qui auraient été donnés à des Français. Mon intention étant d'employer également ces fonds à bâtir l'hôtel des relations extérieures, vous voyez que j'aurai les moyens de faire un très beau palais, qui ne me coûtera rien.
73 i. — AU COMTE BIGOT DE PRÉAMEXEU,
MINISTRE DES Cl LTES (1).
Paris, l'fjanwier 1811.
Vous donnerez l'ordre au général MioIIis, si désormais il était dans le cas de faire arrêter quelques prêtres, de les envoyer à Cività- Vecchia, où ils seront mis à bord d'un brick. Lorsqu'ils seront une vingtaine, on les enverra en Corse, où on les réunira. Faites-moi connaître le nombre de ceux qui sont à Plaisance et à Pignerol, et si l'on ne pourrait pas se défaire des plus jeunes et des plus mal disposés en les envoyant en Corse.