‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 115 sur 493 · A LOUIS NAPOLÉON · texte numérisé non relu

A LOUIS NAPOLÉON

Berlin, 6 notembre 1806.

Vous avez donné des ordres en France ; je vous prie de ne pas en donner. Vous n'entendez rien à l'administration civile, et la France ne marche pas ainsi. Je suis très surpris, par exemple, que vous vous soyez mêlé de défendre l'exportation des grains dans le département de la Roér, et le général Loison, qui a exécuté cet ordre, a très mal fait. L'administration militaire n'a rien à démêler avec l'administration civile. Si vous gouvernez ainsi votre royaume sans aucune division d'autorité, ce sera un vrai chaos. On a également requis une infinité de choses inutiles.

On m'assure aussi qu'il a été pris possession de Munster et autres pays de la rive droite du Rhin, et qu'on a mis les armes de Hollande. Je n'ajoute pas foi à de pareils bruits ; ce serait trop absurde.

(1) AFiv 871. — Lettre publiée par M. Rocquain, Napoléon et le roi Loua.

Renvoyez sur-le-champ tous les gendarmes que vous avez pris dans le département de la Roèr. C'est mon ordre positif. Vous avez tellement désorganisé la gendarmerie dans ce département, que la police ne peut plus s'y faire.

ROI DK HOLLANDE (1).

Berlin, 1G novembre 1806.

Je reçois vos trois lettres. Je suis fâché que vous n'ayez pas pris Hameln. Avant de vous en aller, cela aurait été agréable. Je ne puis que vous recommander de renforcer vos cadres, de ne pas tant vous en laisser accroire sur la prétendue misère des Hollandais ; ils ont tout l'argent de l'Europe. Faites-leur sentir que les colonies ne peuvent se reconquérir que par de grands succès sur le continent ; qu'il faut s'y maintenir.

Envoyez des hommes à pied en Hanovre, afin d'avoir bientôt 1 ,200 chevaux. Les Anglais ne peuvent faire de tentatives sur les côtes : la saison le leur défend. D'ailleurs cela n'aboutit à rien qu'à les faire rosser. Ils aiment mieux piller les colonies de toutes les nations; vous ne connaissez pas la politique de ces gens-là.

J'ai laissé trois bataillons en Hollande pour recevoir des conscrits ; envoyez-m'en l'état de situation, et passez-les en revue. Ces bataillons vous formeront une réserve de 3,000 hommes. Prenez tous les moyens pour les armer et les habiller. Veillez à ce qu'on ne perde pas un jour à former ces recrues.

J'imagine que vous avez fait saisir à Embdcn tout ce qui appartient à l'Angleterre et à la Prusse. Mon intention est que, en réunissant ce pays à votre royaume, le revenu fasse partie de votre liste civile; vous n'avez pas suffisamment.

Je pense que c'est le moment d'aller à Amsterdam, d'y faire une belle entrée. Quant à votre couronnement, attendez la paix générale.

Tâchez de vous bien porter, et ne doutez jamais de mon amitié.

(1) AFiv 871. — Publiée par M. Rocquai.v, Napoléon et le roi /jouis.

LETTRES INEDITES DE NAPOLEON K — 1806. ai

Page 1