A M. FOUCHE
Finkcnstein, 19 tfril 1807.
Parmi ies mille et une choses qui me tombent dans les mains de Mme de Staël, vous verrez par cette lettre quelle bonne Française nous avons là. Si c'était le prince Louis, notre ennemi forcené et auteur de la perte de sa monarchie, elle eût tout fait pour le voir. Mon intention est qu'elle ne sorte jamais de Genève. Qu'elle aille, si elle veut, avec les amis du prince Louis. Aujourd'hui courtisant les grands, le lendemain patriote, démocrate, on ne saurait en vérité contenir son indignation en voyant toutes les formes que
prend cette , et vilaine par-dessus. Je ne vous dis pas les
projets déjà faits par cette ridicule coterie, en cas qu'on eût eu le bonheur que je fusse tué, un ministre de la police devant savoir cela. Tout ce qui me revient de cette misérable femme mérite que je la laisse dans son Coppet, avec ses Genevois et sa maison Necker.
Faites-moi connaître où est M. Rippaut, mon bibliothécaire. Je lui ai donné l'ordre de m'envoyer les nouveautés et les bulletins de ce qu'il a de nouveau en littérature; je n'en entends pas parler. Est-il mort, ou est-il à la campagne? Ce serait un moyen très commode de faire son métier. Faites-le appeler, et sachez pourquoi il ne remplit pas mes intentions.