A M. DE CHAMPAGNY
Rambouillet, 7 septembre 1807.
Vous trouverez ci-joint une lettre de M. Daru. Répondez lui que j'ai été indigné du fait dont il est question dans sa lettre (2) ; que je lui ordonne de passer une note pour demander justice exemplaire des officiers qui ont commis cette insulte ; que je me refuserai à toute évacuation, jusqu'à ce que les deux principaux soient fusillés ; que, si le roi de Prusse veut ainsi me faire insulter, il est inutile qu'il pense à venir à Berlin, parce qu'il n'y resterait pas longtemps. De votre côté, faites appeler les deux envoyés prussiens qui sont à Paris; faites leur connaître toute l'indignation que je ressens de cette injure des Prussiens, dont je connais l'impertinence; que je demande que les deux principaux soient fusillés ; que cette affaire
(t) AFiv 874.
(S) A Kbnigsberg , deux comédiens ayant para sur le théâtre en uniforme d'officiers français, avaient été siffles par des officiers prussiens.
n'est pas de peu d'importance ; qu'elle m'importe plus encore que la rentrée des contributions ; que la faiblesse du roi a déjà été cause de la guerre qui vient de unir, et que, si des polissons, aussi lâches sur le champ de bataille qu'arrogants dans les coulisses, continuent à se comporter ainsi, la monarchie prussienne aura une courte destinée. Vous vous exprimerez avec la plus grande énergie ; vous ne dissimulerez pas que le pays ne sera pas évacué, si je ne suis pas satisfait, et que, si cela tarde, je déclarerai la guerre à la Prusse.