‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 156 sur 493 · AU GÉNÉRAL SAVARY · texte numérisé non relu

AU GÉNÉRAL SAVARY

ENVOYÉ EN MISSION A SAINT-PKTERSROURG (l).

Fontainebleau, 9 octobre 1807.

Le 20 septembre, l'amiral Siniavine se trouvait encore à Corfou. Je saurai probablement bientôt le parti qu'il compte prendre. Je vous envoie un rapport du général César Berthier sur les sujets de plaintes qu'il a contre l'escadre russe. Vous ne ferez usage de cette note qu'autant que vous penseriez que la connaissance de ces faits peut être de quelque intérêt pour l'empereur Alexandre. Je suis fort content des troupes russes qui sont à Padoue. Je trouve simple que l'amiral Siniavine soit grossier et tienne une conduite peu politique; c'est le caractère ordinaire des marins russes. Mais l'esprit de son escadre parait être fort mauvais. J'ai donné ordre à la police de faire un état des prisonniers de guerre russes en France, qui se sont livrés aux propos les plus inconcevables contre la famille impériale de Russie. Vous n'en parlerez qu'autant que vous jugeriez qu'il y ait quelque utilité à le faire. Du moment que l'ambassadeur Tolstoï sera arrivé, ce sera à lui que sera remis ce fatras de notes. J'avais l'intention de faire arrêter quelques-uns de ces mauvais sujets; l'ambassadeur pourra le faire lui-même, s'il le veut, après qu'il aura pris connaissance de ce qui se passe. II y a des propos qui en vérité passent toute mesure, tels que ceux-ci : « Il faut anéantir la famille impériale de Russie. » J'ajoute avec plaisir que les auteurs de ces propos sont en très petit nombre, et que ce ne sont que quelques mauvais sujets; car la masse est très attachée à son prince. Mais il parait qu'il y a dans la nation russe un certain nombre de têtes qui demandent à être sévèrement contenues.

(1) AFiv 874.

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