‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 157 sur 493 · A M. DARU · texte numérisé non relu

A M. DARU

Fontainebleau, 12 octobre 1807.

Je reçois votre lettre du 3 octobre. Le compte que vous font les Prussiens est ridicule. S'ils veulent porter en compte les voleries que peuvent avoir faites des officiers particuliers, il arrivera que, au lieu de me devoir, ce sera moi qui leur devrai.

Quant aux propriétés des particuliers, si cela n'avait pas été contre mon honneur et mes principes, je pouvais les prendre. Il serait plaisant que la conduite du vainqueur dût être justifiée aux vaincus. Tout cela est une mauvaise plaisanterie. J'entends donc que tout ce qu'on a pris, soit comme banque des pauvres, régie des mines, administration des bois de chauffage, etc., n'entre point en déduction.

Quant à ce qu'on dit de M. de Knobelsdorf, il n'est point ministre de Prusse, on ne l'écoute pas. Il est vrai qu'il a proposé à M. de Champagny, il y a sept ou huit jours, de payer dix-neuf millions pour l'évacuation de Berlin. On lui a ri au nez, et il a dû écrire que, si on ne s'arrangeait pas avec vous, on retardait l'évacuation.

Page 1