A M. FOUCHÉ
Fontainebleau, 18 octobre 1807.
J'ai vu avec peine que, en 1806, vous n'avez pas soldé la caisse des théâtres, lion intention est que désormais, quand, par des raisons quelconques, il y aura diminution dans les recettes de la police, les réductions portent sur tous les articles au marc la livre, et non sur un seul chapitre uniquement, jusqu'à ce que j'aie pu donner d'autres ordres. De ce que vous n'avez pas payé les ponts et chaussées, il en est résulté de grands inconvénients. Ayant calculé sur cela, et la saison étant trop avancée, le désordre que cette interruption de payement a mis dans les travaux coûtera 200,000 francs de plus ; au lieu que, si vous aviez diminué partout également, rien n'eût souffert sensiblement, et j'aurais pourvu par d'autres fonds au déGcit. Le budget est ma loi; il faut s'y conformer, parce que les finances, dans toutes les branches de l'administration, sont la première de mes affaires.
Les recettes ne me sont point suffisamment connues. Il me faut, pour les années 1806 et 1807, un état de ce qu'ont produit les jeux, de ce qui a été perçu des villes où il y en a eu, et de ce qu'ont produit dans les départements les permissions de chasse et les passeports.
Mon approbation aurait dû être nécessaire pour le changement des fermiers des jeux, et une réduction aussi considérable n'aurait pas dû avoir lieu sans que j'en aie été prévenu. Il faut se conformer à cela désormais, ma ferme intention étant de ne souffrir aucune espèce de désordre et d'abus.
En fixant mon attention sur les pièces de comptabilité, je les ai trouvées insuffisantes. M. Miot ne devait pas être payé au delà du jour où il est parti; cependant 15,000 francs lui ont été donnés. M. Dcsmarest se trouve trop souvent mêlé dans cette comptabilité. Les frais de port de lettres doivent être l'objet d'un chapitre unique. Le plus grand désordre vient de ce qu'on impute des dépenses sur les chapitres auxquels elles n'appartiennent pas. Au chapitre des dépenses imprévues ne devraient point se trouver de frais de port de lettres. Outre les secours donnés aux colons, femmes
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de déportes , etc. , qui forment des chapitres , il y a encore des secours à un M. Saint-Aubin, à un général Besneval, etc., à l'article des frais de l'inspecteur général et de ses agents. Aux dépenses imprévues de la police, il y a des secours au même général Besneval, aux Napolitains réfugiés, etc. Tout cela n'est pas d'un bon ordre. Je vous ai déjà fait connaître que je voulais que les secours aux colons fussent arrêtés chaque année, et distribués avec le plus de justice possible. L'ordre doit être le même pour tous les ministres. Le ministre de la guerre ne donne pas 50 francs à un officier sans ma signature. Il ne faut donc pas que des 300,000 fr. soient donnés à des individus qui croient les recevoir d'autres que de moi. Cela est contraire au bien des services et à l'administration intérieure de l'État. Présentez-moi ce mois-ci le budget de 1808. Joignez-y des observations raisonnées sur chaque chapitre; car je veux faire on véritable budget. Retranchez toute dépense inutile. Mon intention est de n'admettre que des dépenses utiles, soit pour la ville de Paris, soit pour d'autres usages.
Il y a des indemnités accordées aux chefs, aux caissiers. Cela était bon quand cette comptabilité était faite d'une manière capricieuse et nullement en régie. Mais aujourd'hui, ne faisant aucune différence des recettes des caisses de la police de celles des autres caisses de l'Empire, je ne vois pas que ces employés doivent jouir de privilèges particuliers. Les employés qui ont le soin de cette comptabilité doivent avoir la paye correspondante à celle des employés du Trésor public.
Il est très important de diminuer beaucoup en général les frais de police. Ce sont très souvent des abus, et les préfets et autres agents ne sont pas ceux qui en usent le plus.
En 1808, les recettes seront d'au moins 4,400,000 francs. Présentez-moi un projet de budget qui économise un bon quart sur tous les chapitres dont j'ai fixé les dépenses par le budget de 1807, autres cependant que ce qui est appointements.
L'ordre veut également que le ministre du Trésor ait connaissance de ces fonds. Toute dépense de l'État doit être contrôlée par ce ministre.
Prenez secrètement des renseignements sur ce que j'ai accordé au gouverneur de Paris, au préfet de police et au premier inspecteur général de la gendarmerie ; ce que je leur ai accordé pour frais de bureau a-t-il réellement cette destination? ou le leur donnai-je par forme de gratification?
116 LETTRES INEDITES DE NAPOLÉOX I-. — 1807.