AU GÉNÉRAL JUNOT
COMMANDANT l' ARMÉE D'OCCUPATION' EX PORTUGAL (2).
Paris, 29 fétrier 1808.
Je reçois votre lettre du 14 février. Tascher n'est pas encore arrivé ; il arrivera sans doute demain ou après ; je suppose qu'il ne tardera pas. Je vois avec plaisir que vous avez désarmé la ville de Lisbonne et le pays, et que vous accélérez l'envoi en France des troupes portugaises ; mais je vois avec peine que vous n'ayez pas d'autre moyen d'incendier la ville et de la réduire, si elle se révoltait, que vos bâtiments de mer; c'est une pauvre et triste ressource. Il vous faut une bonne citadelle qui, si peu forte qu'elle soit, puisse, avec une garnison de 4 à 500 hommes, être imprenable pour la populace. Elle doit contenir des mortiers et des vivres. La nouvelle
(1) AFiv 875. — Mémoires du prince Eugène, t. IV, p. 81. (*) AFnr 875.
de l'établissement de cette citadelle me donnera seule la confiance et la sécurité nécessaires.
Il n'y a pas de doute que vous devez tenir à Lisbonne un grand état. J'ai autorisé la mise à votre disposition, pour frais de représentation et dépenses secrètes, de 50,000 francs par mois et d'une autre somme de 50,000 francs par mois pour être donnée comme traitements extraordinaires, dépenses secrètes, etc., aux généraux, commandants de place et officiers chargés de missions. Par ce moyen, vous aures de quoi satisfaire à vos besoins.