‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 212 sur 493 · A M. GAUDIN · texte numérisé non relu

A M. GAUDIN

MIMSTRK DES FINANCES (2)

Paris. 12 mars IftQ*.

J'ai lu avec intérêt le rapport du sieur Daucby. J'approuve toutes les mesures qu'il a prises. En voici de nouvelles que je désire qu'il exécute. Il n'y a que 2 millions à 2,500,000 écus d'intérêts de la dette en Toscane appartenant à des particuliers. Cela seul doit être payé, et encore ne doit-on payer qu'aux individus toscans, italiens, génois ou mes sujets. Les étrangers ne doivent pas être payés, et cela sans scandale. Il ne doit être rien payé aux mainmortes, à la couronne. On peut encore continuer à payer un trimestre aux communes; mais je désire avoir avant le 1 er avril un rapport et un projet de décret pour asseoir la dette et ne la payer aux communes et établissements que selon leurs besoins. Je désire que vous me

(1) Baron Du Casse, Supplément à la Correspondante.

(2) AFiv 875.

fassiez un rapport sur l'impôt territorial : toutes les terres doivent y être sujettes ; je ne connais point de privilèges, et tout le monde doit payer. Du moment que le code Napoléon aura été publié, toute féodalité doit être supprimée. Faites-moi un rapport qui me fasse connaître si Ton doit payer la dîme au clergé. Il n'y a de clergé qui m'intéresse que les évèques, les curés et les chanoines. Les curés doivent avoir au moins 500 francs. Je ne désire pas que les évêques éprouvent de diminution dans leurs revenus. Si, dans les mesures qui sont prises, quelques-uns d'eux se trouvent lésés, je leur tiendrai compte de ce qu'ils perdront. Mais il faut que tout cela aille vite et que le sieur Dauchy me présente incessamment des mémoires. La Toscane est portée pour 10 millions à verser au Trésor dans le budget de cette année. Il faut donc que ces 10 millions rentrent exactement pour concourir à solder le crédit des ministres.

Demandez au ministre de la marine s'il a envoyé les officiers nécessaires pour la police et le service du port de Livourne. Il y a un grand rapport à faire sur l'ordre de Saint-Etienne, sur les biens de cet ordre appartenant à la couronne ou aux familles.

Il serait fort à désirer que, pour éviter la contrebande, le sel et le tabac eussent en Toscane le même prix qu'en Piémont. Un changement dans les douanes devient aussi nécessaire pour favoriser les débouchés de nos fabriques, etc. Il faut que le sieur Collin envoie sur les lieux un homme très intelligent qui passera là un mois et reviendra avec les documents nécessaires pour assister à la confection du tarif.

Je désire également connaître la réduction qu'on pourrait faire aux couvents de moines. Je voudrais y établir la même chose qu'à Parme. De quelle quantité dé biens hériterions-nous? Mon projet est d'en obliger la vente en remboursant la dette avec lesdits biens Enfin, le sieur Dauchy est en Toscane depuis trois mois : j'attends de lui un rapport sur toutes les branches de l'administration; je veux organiser le pays à l'instar des Etats de Parme et de Plaisance.

Rien ne doit être payé aux troupes que par l'intermédiaire du payeur de l'armée d'Italie, ou par son préposé, et sur les ordonnances du ministre de l'administration de la guerre. Entendez-vous là-dessus avec le sieur Mollien. Faites connaître au sieur Dauchy que j'ai ordonné au ministre du Trésor public d'ajouter au livret des finances du mois un feuillet qui présente ce qu'à rendu chaque mois la Toscane.

LETTRES INEDITES DE NAPOLÉOX I". — 1808. 165

Page 1