‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 243 sur 493 · AU GÉNÉRAL CAULAINCOUKT · texte numérisé non relu

AU GÉNÉRAL CAULAINCOUKT

AMBASSADEUR A SAINT-PKTKRSBOURG (1).

[Commencement de mai 1808.]

Je reçois votre lettre du 12 avril. Faites mon compliment à l'empereur sur la prise de Sveaborg.

Vous avez reçu des explications sur les affaires de Copenhague. Le fait est qu'il faut pouvoir passer, et passer avec au moins 30,000 hommes à la fois; car il n'est pas certain que le second convoi passe, et, si le premier convoi se trouvait séparé, il serait exposé a recevoir des échecs. Le prince de Ponte-Corvo avait marché à marches forcées, espérant que les Belts gèleraient. Il

(1) Comte Vamdal, Napoléon et Alexandre, t. 111.

s'est rendu de sa personne à Copenhague pour s'assurer des moyens de passage, et, voyant qu'il n'y avait de moyens que pour passer 15,000 hommes à la fois, il suspendit sa marche. Mais le mouvement continue, et plusieurs milliers d'hommes sont passés en Secland. Mais enfin ces opérations ne peuvent se faire qu'avec prudence. Voilà la Finlande russe.

Les affaires de Turquie demandent de grandes discussions. Il est fâcheux que l'empereur ait ajourné l'entrevue : au lieu de venir en Espagne, j'aurais été à Erfurt. J'espère sous dix ou douze jours avoir terminé mes opérations ici. J'ai ici le roi Charles et la reine, le prince des A s tu ries, l'infant don Carlos, enfin toute la famille d'Espagne. Us sont très animés les uns contre les autres ; la division entre eux est poussée au dernier point. Tout cela pourrait bien se terminer par un changement de dynastie.

Pour votre gouverne, je vous dirai que, depuis l'arrivée de M. d'Alopéus, je n'ai pas entendu parler de l'Angleterre, et, au moindre mot que j'en aurais, la Russie en serait instruite; on doit compter là-dessus.

Je n'ai pas non plus entendu parler de l'Autriche, et je ne con nais rien aux armements qu'elle fait. On me rend compte de tous côtés qu'une grande quantité de canons, de vivres, de troupes se rend en Hongrie. Il faut que la Russie sache bien cela, et que, même vis-à-vis de moi, les Autrichiens nient ces armements, ou du moins disent qu'ils ne sont pas considérables.

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