A M. FOUGHÉ
MINISTRK DÉ LA POLICE oé*ÉKALft (1).
Btjonne, 21 mai 1808.
OU répand â Paris un tas de bêtises sur les affaires d'Espagne. Un mauvais article de Tolède, qui a été colporte dans tous les jdiirttaui, en est la catlse. Lé fait est qu'il n'y a pas eu de sang répandu ni à Tolède, ni même à Burgos. Le sang n'a coulé qu'à Madrid ; il n'y a pas eu 25 Français de tués et pas plus de 50 blessés. Les Espagnols qui ont été tués étaient tbUs des séditieux et des gens du peuple ameutés; pas un homme tranquille n'a péri, et la perte des Espagnols n'est pas aussi considérable qu'oh l'avait d'abord eru. 11 faut tenir la main à ce qu'aucun journal ne parle des affaires de Rome et d'Espagne qu'après le Moniteur.
J'ai réuni, le 3 avril, les quatre légations d'Ancône au royaume d'Italie. J'ai envoyé à un conseil privé le séttatus-consulte relatif à la réunion de la Toscane à la France, mesure indispensable ft cause du golfe de la Spezzia, où je veux faire un grand établissement maritime. Il est nécessaire que les journaux ne parlent de cela que quand le Moniteur en aura parlé.
Tous les propos sur le divorce font un mal affreux ; ils sont aussi indécents que nuisibles. La police a mille moyens de les empêcher , de circuler; je ne sais pas comment oti ne les emploie pas. Il serait cependant bien nécessaire que cela finît. Tous les hommes bien pensants en France en gémissent; cela m'afflige beaucoup moimême, et tout autant la cour de Russie, qui ne sait ce que Veulent dire eeë bavardages.