‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 249 sur 493 · LIEUTENANT GÉNÉRAL DU ROYAUMB D'ESPAGNE (I · texte numérisé non relu

LIEUTENANT GÉNÉRAL DU ROYAUMB D'ESPAGNE (I

Bajonne, 23 mai 1808, i dix heures du Matin.

Par une lettre de Laforcst à Champagny, il paraîtrait que le conseil de Castille n'a voulu se mêler en rien des affaires, ni

(i) AFiv 876.

(2) Ibid.

demander le roi de Naples pour roi. Cette conduite n'est ni bonne ni belle ; cherchez à en savoir le motif.

Dans la situation où se trouve l'Espagne, il lui faut de l'argent. Quelle est la valeur de l'argenterie, des diamants et autres effets précieux de la couronne? Tout cela doit bien valoir une quarantaine de millions. Il n'y a pas de difficulté à les mettre en gage pour pareille somme. Lorsque le ministre dès finances sera arrivé, je ne doute point que je ne trouve des ressources dans le pays même; mais il faut encore aller un mois comme cela. Cependant il faut se procurer de l'argent, tant pour les besoins des ports que pour mettre de l'aisance dans l'administration. Mettez en gage les diamants de la couronne, et, comme ce serait une somme trop considérable pour qu'on pût la trouver dans le pays, empruntes une soixantaine de millions de réaux et mettez en gage des diamants et joyaux pour la valeur de cette somme : cela est tout naturel. On les dégagera par la suite. Je suis persuadé qu'il y a des moyens d'avoir de l'argent en Espagne ; mais, pour cela, il faudrait connaître la situation des choses. J'attends pour cela le ministre des finances.

P. S. — Moi, je n'ai point d'argent. Si j'en avais, je n'hésiterais pas à en prêter. Mais la Banque de France ne fera point de difficulté, sur l'autorisation que je lui en donnerai, de prêter 20 millions de francs ou 80 millions de réâUx, en lui donnant pour gage une partie des diamants de la couronne.

La couronne a une grande quantité de bétes à laine dont on ferait de l'argent. Dans les circonstances actuelles, il serait tout simple que tout ce qui est rentes, intérêts de la caisse d'amortissement, ou d'oeuvres pies, éprouvât du retard, et que tout fût donné à la guerre et à la marine.

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