AU GÉNÉRAL CAULAINCOURT
Btyonne, 31 mai 1808.
J'ai reçu vos lettres du 28 avril et des i et 7 mai. Le ministre des relations extérieures a dû vous écrire. Je n'approuve point ce que vous avez mis dans votre mémoire à l'empereur. Un ambassa-
(1) AFiv 876.
(2) Ibid.
(3) Pour démonétiser la monnaie de billon en métal de cloche coulé
(4) Comte Vandal, Napoléon et Alexandre, t. III.
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deur de France ne doit jamais écrire que les Russes doivent aller à Stockholm.
Les affaires ici sont entièrement finies. Vous trouverez ci-joint ma proclamation aux Espagnols. Les Espagnes sont tranquilles et même dévouées. Les Anglais se sont présentés devant Cadix avec une forte expédition, attirés par la curée des affaires d'Espagne et par l'espoir de s'emparer de la Carraque ; mais on ne les a pas écoutés. Ils ont renvoyé un parlementaire sur un vaisseau de 80; on leur a tiré des boulets rouges, et on leur a cassé un mât.
Il me semble que vous ne dites pas suffisamment ma raison. Je voulais l'entrevue pour tâcher d'arranger nos affaires avec la Russie. En Russie on ne l'a pas voulue, puisqu'on ne l'a voulue que conditionnellement, et dans le cas où j'adopterais tout ce que propose M. de Romanzoff. C'était justement pour traiter ces affaires que je désirais j'e^trevqe. {1 y § un cercle vicieux que vous n'avez pas assez senti ni fait sentir. Aujourd'hui, je suis dans les mêmes dispositions, je désire l'entrevue. Depuis le 20 juin, je suis disponible; mftis je yeux l'entrevue sans condition. Bien mieux, il faut que l'on convienne avant que je n'adopte pas les bases proposées par M. de Romanzoff, qui me sont trop défavorables. J'ai dit à l'empereur Alexandre : Conciliez les intérêts des deux empires. Or ce n est pas concilier les intérêts des deux empires que de sacrifier les intérêts de l'un à ceux de l'autre, et compromettre même son indépendance. D'ailleurs, nous nous rencontrerions dès lors nécessairement; car la Russie, ayant les débouchés des Dardanelles, serait aux portes de Toulon, de Naplcs, de Corfou. Il faut donc que vous laissiez pénétrer que la Russie voulait beaucoup trop, et qu'il était impossible que la France voulût consentir à ces arrangements ; que c'est une question d'une solution très difficile, et que c'est pour cela que je voulais essayer de s'arranger dans une conférence. Le fond delà grande ques^pn est toujqurs là : Qui aura Cous tan tinople?