A M. FOUCHÉ
MINISTRE DB LA POLICE qÉNERALE (2).
Bayonne, 13 juin 1808.
Je lia avec intérêt flans le hnlletin de police du 7 juin tout ce qui est relatif 4 Préjean- J e «nis f4ché de ne pas avoir reçn les bulletins des jqurs précédents pt de ne recevoir qu'aujourd'hui celui du 7- Avez soin qu'ils mp soient envoyés exactement* cqmme si j'étais^ Paris; je ne sais pas pourquoi qu s'est relâché ^-dessus- Il est nécessaire que je reçoive le lendemain le bulletin de la veille ; cela m'importe beaucoup.
Vous ne me rendez pas un compte clair du complot anarchique.
(1) AFiv 877 (S) Ibid.
Il est certain que Malet, Guillet et d'autres généraux qui étaient à Paris tramaient un complot; moi-même j'en suis instruit depuis un mois. Il est difficile qu'il y ait un plus mauvais sujet que ce Malet. Faites arrêter sans bruit et sans éclat tous ces tripotages. Quelques avoués se lient à ce même complot. Mais ces complots anarchiques ne sont rien auprès de la précieuse prise de Préjean, et de la disposition où il paraît être de rendre des services. S'il en rend réellement, je lui accorderai sa grâce. Je suis impatient de savoir ce que c'est que ce Mars. Serait-ce un ancien capitaine, grand et bel homme? C'était un énergumène de salon en 1789. Tenez secrète l'arrestation de Préjean, et tâchez que la nouvelle n'en arrive pas à Londres, afin de pouvoir tendre des embuscades dans les endroits qu'il désignera.