AU GÉNÉRAL CLARKE
Bayonne, 13 juin 1808.
Les généraux Malet, Guillet, Dutertre et quelques anciens officiers de cette trempe paraissent avoir tramé un complot, que la police a déjoué et dont elle a fait arrêter les auteurs. Faites une enquête d'après la liste des officiers réformés qui sont payés à Paris et dans la première division militaire, et notez tous ceux qui seraient dans cet esprit. Il sera bon que vous montiez une petite police militaire, pour les suivre et les veiller. Il ne faut faire aucun éclat de ces misérables anarchistes ; car rien que l'idée qu'ils existent encore suffirait pour inquiéter et troubler la tranquillité. Il faut descendre dans le rang de capitaine, chef de bataillon et autres officiers réformés, qui ont toujours passé pour être opposés au gouvernement. Je crois vous avoir déjà donné l'ordre de faire employer tous les aides de camp du maréchal Brune (2) à l'armée. Envoyez également à l'armée les officiers en activité et qui, sans raison, seraient à Paris, qui sont connus pour être dans cet esprit d'opposition. Vous aurez soin de ne pas les souffrir à Paris sous prétexte de service.
(1) AFiv 877.
(2) Alors disgracié.