A M. GAUDIN
MINISTRE DBS FINANCES (1).
Rayonne, 13 juin 1808.
Envoyez le sieur Collin fils, directeur des douanes à Anvers, dans la Toscane, et le sieur Cochon, fils du préfet, qui est également employé dans les douanes d'Anvers, du côté des Pyrénées. Je n'aime point à voir des fils de préfet employés dans les douanes ; il est inutile que j'en dise les raisons. Faites cela de la manière la moins sensible pour le conseiller d'Etat Collin. Je crois avoir lieu de me méfier de son fils ; mais il me suffit que son éloignement et celui du sieur Cochon aient lieu sans délai. Envoyez à Anvers un homme sûr et de confiance. Faites cela vous-même, et ne laissez pas ce choix au directeur général. Vous sentez que cette lettre est pour vous seul.
Rayonne, 15 juin 1808.
J'ai lu avec la plus grande attention les deux mémoires que vous m'avez envoyés. Il est nécessaire que Préjean, s'il veut sauver sa vie, nomme tous les numéros; il y en a, je crois, une trentaine ; surtout ce numéro auquel on fait des propositions si tentantes. Comment ces instructions secrètes se trouvent-elles dans les papiers de Préjean? Comme ces pièces sont très importantes, je vous les renvoie. Entretenez-moi tous les jours de cette affaire, à laquelle je prends un très grand et très vif intérêt. Ce que je vois de plus clair, c'est que ce misérable ne croit pas un mot de ce qu'il dit, et que, sous un prétexte pompeux, il venait organiser un espionnage pour l'Angleterre ; car comment un homme qui a de l'esprit et de l'éducation, peut-il croire qu'il réunira à Paris un député par commune, c'est-à-dire 120,000 personnes, sans qu'on en sache rien? Je recommande la suite de cette affaire à votre zèle. Il faut étudier tout, éclaircir pour connaître, et voilà, je crois, une belle occasion.
(1) AFiv 877.
(2) Ibid.
«H LETTRES INCITES DE NAPOLÉON l~. — i*QÇ.
Je désire fort avoir l'inventaire de tout ce qu'on a trouvé dans les portefeuilles de Préjean. et dans ses cache-papiers.
Ce général Malet qui a été arrêté est un des plus mauvais sujets qu'on puisse voir.