GRAND AUMONIER
Bajonne, 26 juin 1808.
J'ai reçu votre longue lettre du 21. J'y ai vu trois choses : 1° une lettre que vous avez écrite, et que vous n'aviez pas le droit d'écrire, au ministre des cultes, et à laquelle il n'eût pas dû répondre; 2° l'éloge de l'abbé Proyart, que je me suis contenté d'exiler à Arras, et que j'aurais dû tenir toute sa vie à Bicétre pour le libelle séditieux contre la nation et le gouvernement qu'il a osé publier; 3° l'éloge de je ne sais quel missionnaire que la police a fait arrêter à cause de son mauvais esprit. Je vous prie, lorsque vous m'écrirez,
(i) AFiv 877.
(2) AFiv 877. — Lettre déjà publiée dans la Correspondance du cardinal Fesch, donnée par M. A. Du Cassk dans le tome I de l'Histoire des négociations relatives aux traités de Afortfontaine, de Lunéoille et d'Amiens (1855)
de prendre garde à ce que vous me dites, ou de vous dispenser de m' écrire, et de rester bien convaincu que tous les mauvais sujets je les ferai poursuivre, s'ils sont prêtres, avec plus de rigueur que les autres citoyens, parce qu'ils sont plus instruits et que leur caractère est plus saint. Quant (1) au reste de votre lettre, je n'y ai vu que reflet d'une imagination en délire, et je conseille, à vous et à tous ceux qui se créent ainsi des monstres qui n'existent que dans leur imagination, de prendre les bains froids.