GRAND MARÉCHAL DU PALAIS
Bayonne, 15 juillet 1808
Voici deux lettres que vous enverrez au sieur Rémusat pour qu'il les remette au roi et à la reine [d'Espagne] (3) . Le roi désire aller à Nice. Il peut partir aussitôt qu'il voudra. Il voyagera incognito ou comme moi. Il sera libre de se diriger comme il l'entendra. S'il ne veut pas voyager incognito, on lui rendra tous les honneurs dus à son rang. On lui donnera les escortes qu'il désirera ; bien entendu qu'il voyagera à ses frais et qu'il s'établira à Nice à ses frais. Un de ses officiers pourra se rendre à Nice avec une lettre du ministre de l'intérieur, pour arranger sa maison. Je suppose qu'il prendra une des maisons du faubourg ; il y en a, je crois, d'assez grandes. S'il voulait aller à Menton, je ne sais pas si le château du prince de Monaco est en état de le recevoir. Il pourra au reste s'y aller promener, et verra s'il peut s'y fixer. Je désire que la reine d'Etrurie suive le roi, à moins qu'elle ne préfère aller à Colorno, dans l'Etat de Parme. Je lui donnerai alors la jouissance de ce château. Je ne désire point
(1) AFiv 877. — Baron Do Casse, Supplément à la Correspondance.
(2) AFiv 877.
(3) Charles IV et sa femme, alors à Compiègne.
qu'elle aille à Paris, non à cause d'elle, mais à cause de son fils. Mais ma volonté ne doit paraître dans cela d'aucune manière. Le sieur Rémusat, auquel vous écrirez pour tous ces arrangements, ne doit agir que par insinuation. A tout prendre, je pense que Colorno conviendrait le mieux. Il me semble que la manière la plus commode et la meilleure de voyager pour le roi serait de l'embarquer sur la Seine et de lui faire gagner Avignon par la Saône. Je vois ces arrangements avec plaisir, parce que je rentrerai dans la jouissance de Compiègne. Au lieu de retarder ce départ, il faut donc que Rémusat l'accélère.
Quant au prince de la Paix, comme c'est un homme de peu de conséquence, il peut vivre à Paris et où il voudra. Rémusat dira qu'il est chargé de donner tous les ordres.