A JOSEPH NAPOLÉON
Pan, 23 juillet 1808, à trois heures du matin.
Vous commandez l'armée ; je vous l'ai dit ; je l'ai fait mettre à l'ordre. Savary, dans la lettre qu'il écrit au major général le dit, puisqu'il dit qu'il ne fera aucun mouvement sans votre ordre. Vous auriez donc pu vous épargner une page de bavardage. Actuellement écrivez-moi souvent et en détail, ce que vous ne faites pas; et ordonnez que votre état-major envoie des états de situation et écrive tous les jours en détail au major général. Les mouvements militaires de Savary font hausser les épaules ; il n'a fait que de fausses marches. Gobert doit rester avec Dupont, puisqu'il y est, Moncey à San-Clemente ou environs, et Dupont doit être renforcé.
J'eusse voulu que la brigade Rey eût joint, le 20, le maréchal Bessières; mais, puisqu'elle est à Madrid, gardez-la deux mois sans bouger. Ces soldats sont fatigués et ont besoin de repos : ils viennent de Rennes à marches forcées. Si on les fait toujours aller, ils tomberont tous malades. Il me tarde d'avoir des nouvelles du maréchal Bessières; je n'en ai pas depuis le 15. Portez-vous bien et croyez à mon amitié.
(1) AFiv 877. — Baron Du Casse, Supplément à la Correspondance.