‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 293 sur 493 · A M. DE CHAMPAGNY · texte numérisé non relu

A M. DE CHAMPAGNY

Toulouse, 25 juillet 1808.

Je vous renvoie votre portefeuille. Je ne conçois rien à ce tripotage du sieur Bourgoing. Il fait des choses qui compromettent la dignité de la France et sont contraires à mes intentions. J'ai donné il y a longtemps deux ordres : le premier, pour diminuer des deux tiers les officiers, commandants de place, commissaires des guerres et garde-magasins qui sont employés sur la route d'étapes en Saxe ; 2* que le tiers restant fût soldé à mes frais et ne coûtât rien au roi de Saxe, qui est tenu tout au plus de fournir le logement. Au lieu de cela, le sieur Bourgoing remercie le roi des ordres qu'il a donnés, démarche basse et ridicule ; car, ou le roi doit nourrir ce qui passe de mes troupes sur ses Etats, comme membre de la Confédération du Rhin, et je ne lui dois pas alors de remerciements; ou il ne le doit pas, et il est ridicule que je remercie un petit prince de la Confédération du Rhin pour 30 ou 40,000 francs qu'il me donne; il était tout simple de ne pas les lui prendre. Ecrivez au ministre de Saxe que j'ai blâmé la conduite du sieur Bourgoing ; que mon intention est qu'il y ait en Saxe le plus petit nombre d'employés possible, et qu'ils ne coûtent rien au pays. Vous ferez connaître au sieur Bourgoing qu'il ne doit employer son ministère que pour des affaires graves, et que les employés qui sont en Saxe reçoivent des appointements et ne doivent rien demander.

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