‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 300 sur 493 · t. A LOUIS NAPOLÉON · texte numérisé non relu

t. A LOUIS NAPOLÉON

Sâint-Cloud, 17 août 1808.

Les Anglais débarquent près de 40,000 hommes en F -pagne. Des (1) AFiv 877. — Publiée par M. F. Rocquain, Napoléon et le roi Louis.

LETTRES INEDITES DE NAPOLÉON I w . — 1808. 231

fautes assez inconcevables qu'a faites le général Dupont, ayant privé le roi de cette division, lui ont fait juger devoir évacuer Madrid pour se rapprocher de son armée. Toutefois 200,000 hommes sont en mouvement pour renforcer l'armée d'Espagne, où je vais marcher moi-même. Je désire que, au reçu de la présente, vous fassiez partir pour Bayonne un régiment de cavalerie de G00 hommes, une compagnie d'artillerie attelant 3 pièces de canon et 3 obusiers avec approvisionnement et demi, et 3 bataillons formant 2,100 à 2,200 bommes d'infanterie : ce qui fera une colonne de 3,000 hommes. Vous y attacherez une compagnie de sapeurs, 2 officiers du génie hollandais, une escouade de mineurs et 2 caissons d'outils de pionniers et de mines. Enfin, chaque homme aura deux paires de souliers dans le sac et une paire aux pieds. Vous dirigerei cette force par le plus court chemin sur Bayonne. Tous les princes de la Confédération m'ont fourni des détachements. 11 faut m'envoyer de vieux soldats; car je n'ai du côté de l'Espagne que trop de conscrits. Ces troupes vous seront remplacées par celles que vous avez dans le Nord, lorsque la révolte des Espagnols qui sont de ce côté sera dissipée. Accélérez le départ de ces troupes ; j'ai besoin de grands moyens en Espagne. Je veux y frapper de grands coups, et j'espère avoir la paix générale avant le mois de janvier, puisque les Anglais ont eu l'imprudence de s'engager dans une guerre de terre. Pour ce qui regarde l'administration de vos troupes, vous payerez la solde et l'habillement, moi je me charge de les nourrir. Je suppose qu'elles passeront par Gand ou Bruxelles ; faites-moi connaître le jour où elles arriveront dans ces villes. Il ne faut point qu'elles sachent où elles vont, mais qu'elles reçoivent leur destination pour les premières villes de France, où elles trouveront de nouveaux ordres. J'attache beaucoup de prix à ce que cette colonne soit bien formée. Mettez à la tête un bon général de brigade.

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