AD GÉNÉRAL CAULAINCOURT
Saint-Gond, 20 aoAt 1808.
Je vous envoie un rapport du ministre de la marine, et un projet de décret qu'il me propose de prendre. Je ne veux pas le faire sans savoir si cela convient à l'empereur. L'empereur fait des dépenses inutiles en conservant ces vaisseaux qui ne sont bons à rien. Des transports armés en guerre ne peuvent servir. Ces vaisseaux sont pourris. Reste le vaisseau turc qu'on pourrait envoyer à Ancône, où il serait désarmé. Moyennant cela, il y aura un bon nombre de matelots disponibles. On fera de ces matelots ce que voudra l'empereur : ou on les renverra en Russie, ou je les prendrai à ma solde, et je mettrai les équipages des trois mauvais vaisseaux sur trois de mes vaisseaux de Flessingue ou ailleurs. Us seront à ma solde et serviront comme alliés. Les officiers s'instruiront, les matelots s'exerceront, et cela sera utile à tout le monde. Mais il faut que ces équipages soient tout à fait à mon service ; car mon escadre souffrirait des dépendances attachées à une escadre combinée. Causez-en avec le ministre de la marine. Peut-être serait-il plus convenable que ce fût l'empereur ou son ministre qui prissent cette décision? Vous y ferez mettre que le vaisseau turc se rendra dans le port d' Ancône, où il sera desarmé.
(1) Comte Vandal, Napoléon et Alexandre, t. III.