‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 349 sur 493 · A JOSEPH NAPOLÉON · texte numérisé non relu

A JOSEPH NAPOLÉON

ROI D f ESPAGNE (1).

ValUdolid, 12 janvier 1809.

Je reçois votre lettre du 10 janvier. Je vous ai mande bier au soir la prise de Zamora; je vais faire marcher sur Salamanque. Vous avez très bien fait de dissoudre tous les bataillons de marche, et d'envoyer aux divisions Villatte et Ruffin les détachements qui leur appartiennent. Vous verrez si vous jugez nécessaire d'envoyer le 2" de hussards à Aranjuez pour battre la plaine. Quant aux hommes isolés des sept régiments d'infanterie qui appartiennent au corps du maréchal Victor, réunissez-les à Madrid, et, après deux jours de repos, envoyez-les à Aranjuez, du moment qu'ils seront au nombre de 300 hommes.

Je suppose qu'à l'heure qu'il est la division Levai marche sur la Talavera, et que la division Valence garde Tolède et Aranjuez. Des bataillons de marche de plusieurs milliers d'hommes, appartenant au corps du maréchal Victor et au 4* corps, partent aujourd'hui pour Madrid.

Je vous ai mandé de faire votre entrée à Madrid et de prendre le gouvernement de l'État, en mettant à cela la plus grande pompe possible. Je désire fort que vous puissiez faire votre entrée le 14, le 15 ou le 16. Je pense que votre entrée à Madrid et la prise de possession entière de votre gouvernement sont nécessaires et importantes. Je n'ai pas encore de nouvelles des Anglais ; on était en présence de leur arrière-garde le 8. J'ai donné ordre à un bataillon de 600 hommes qui est à Soria, dès qu'il serait relevé, de se rendre à Madrid ; vous pouvez l'incorporer dans votre garde. De nombreux détachements de conscrits sont en marche.

L'opération qu'a faite Bclliard est excellente. Il faut faire pendre une vingtaine de mauvais sujets. Demain j'en fais pendre ici sept, connus pour avoir commis tous les excès et dont la présence affli-

(1) AFiv 879. — Mémoires du roi Joseph, t. V, p. 339, et Baron Du Casse, Supplément à la Correspondance.

LETTRES INEDITES DE NAPOLKOX I». — 1809. 269

gcait tous les honnêtes gens, qui les ont secrètement dénoncés, et qui reprennent courage depuis qu'ils s'en voient débarrassés. Il faut faire de même à Madrid. Si Ton ne se débarrasse pas d'une centaine de boute-feux et brigands, on n'a rien fait. Sur ces cent, faites-en fusiller ou pendre douze ou quinze, et envoyez les autres en France aux galères. Je n'ai eu de tranquillité en France qu'en faisant arrêter 200 boute-feux, assassins de septembre et bandits que j'ai envoyés aux colonies. Depuis ce temps, l'esprit de la capitale a changé comme par un coup de sifflet.

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