‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 36 sur 493 · AU CITOYEN LUCIEN BONAPARTE · texte numérisé non relu

AU CITOYEN LUCIEN BONAPARTE

MBASSADEUR A MADRID (2).

Paris, 11 germinal an IX (1" avril 1801).

J'ai reçu votre lettre du 2 germinal. Je pense comme vous que le ministre a été trompé et a pris une copie pour l'autre.

Ce qui m'intéresse essentiellement aujourd'hui, et c'est le sujet pour lequel je vous envoie ce courrier, c'est de connaître positivement et dans de grands détails tout ce que vous savez sur la partie secrète du traité de la Louisiane. Il est fort inutile d'attendre votre retour. Écrivez tout ce que vous savez par le retour du présent courrier.

Que le général (sic) Dumanoir ne perde pas son temps à Madrid

(1) Dépôt des affaires étrangères, vol. France 1772.

(2) ïbid.

2t LETTRES IXÉDITES DE NAPOLEON I- — AX IX.

et qu'il arme à Cadix avec la plus grande activité ; qu'il ait ses trois mois de vivres à bord, et qu'il se tienne toujours prêt à lever l'ancre, n'eût-il que 2 on 300 hommes par vaisseau. Il y aura telle combinaison maritime où, dans les vingt-quatre heures qu'il recevra le complément d'équipages, il faudra qu'il lève l'ancre.

J'ai va avec le pins grand plaisir que les 700 matelots de Portugal, avec les 400 hommes qui doivent être déjà en Espagne, formeront un fond raisonnable d'équipages. Les états-majors et les hommes les pins essentiels pour on vaisseau ne tarderont pas d'être à Cadix.

Le ministre de la marine va vous faire donner 200,000 francs, que vous emploierez à faire donner trois mois de solde aux équipages que vous aurez réunis pour ces trois vaisseaux, et à donner quelques gratifications dans les ports espagnols pour activer leur armement.

Vous pouvez tranquilliser la cour d'Espagne : elle ne manquera pas de troupes. Le général Lee 1ère, avec un corps de 6,000 hommes, est près d'entrer en Espagne; six demi-brigades, formant 18,000 hommes, ont ordre de se rendre à Bordeaux. Vous pouvez donc assurer Leurs Majestés qu'elles ne manqueront pas d'assistance.

J'ai été satisfait du traité de Parme. Assurez encore Leurs Majestés que, sans cependant rien promettre à l'heure qu'il est, j'arrange tout pour pouvoir conserver au vieux duc une partie de ses Etats, sa vie durante.

Je ne puis que vous répéter, en finissant, de ne rien oublier pour armer promptement nos trois vaisseaux.

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