‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 37 sur 493 · AU CITOYEN LUCIEN BONAPARTE · texte numérisé non relu

AU CITOYEN LUCIEN BONAPARTE

Paris, 26 flortfal an IX (15 mai 1801).

Le roi de Toscane logera à Paris chez l'ambassadeur d'Espagne ; c'est un usage établi pour Joseph II, le comte du Nord, les rois de Danemark et de Suède, et tous les souverains qui sont venus à Paris.

M. d'Araujo est arrivé à Lorient. On lui a refusé le passeport pour Paris, et on lui a fait connaître l'ultimatum du gouvernement français, qui renferme des conditions beaucoup plus sévères que celles proposées par la cour de Madrid.

Azara a soixante-dix ans ; c'est un homme respectable et, à bien des égards, que je désire que le roi d'Espagne conserve à Paris.

Indisposez (2) la cour de Madrid contre le Pape, en lui faisant connaître comme une chose sûre que celui-ci, sans consulter aucune puissance, a, sur la demande de Paul I", rétabli les Jésuites. Le Pape est un honnête homme, mais borné; il a autour de lui l'ancienne prètraille napolitaine, qui marche sur les traces de Busca et se comporte mal.

Les quatre frégates espagnoles qui devaient se rendre à Livourne n'ont pas paru. Redoublez donc vos instances pour qu'elles partent sans délai. Porto-Longone, qui est occupé par nos troupes, peut leur servir de refuge.

L'amiral Bruix va partir incessamment avec cinq vaisseaux et cinq frégates chargés de troupes de débarquement, et paraîtra devant Cadix. Je désire que les cinq vaisseaux espagnols soient mis sous ses ordres. Comme il pourra fournir 5 ou 600 matelots, j'espère que Dumanoir pourra fournir deux ou trois de ses vaisseaux. Faites les démarches nécessaires pour que les cinq vaisseaux qui sont à Cadix joignent l'escadre française qui paraîtra devant cette place, pour agir selon les circonstances, faire une incursion dans la Méditerranée, repasser, s'il le faut, pour se rendre dans les Indes orientales ou dans les Indes occidentales.

Les cinq vaisseaux que Gravina fournit doivent se joindre à six vaisseaux commandés par l'amiral Villaret-Joyeuse et à sept vais-

(1) Dépôt des affaires étrangères, vol. France 1772.

(2) Ce paragraphe a été publié par M. Boulât di la Meurthe, Documents sur la négociation du Concordat, t. II, p. 412.

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seaux bataves, pour prendre la mer et agir, soit en Amérique, aux Indes. Faites connaître que les opérations ont besoin d' direction unique et ne sont point susceptibles d'invariables rés< tions.

Vous devez au reste garder un profond secret sur ce mouvcn de l'amiral Bruix; il est inutile que Dumanoir en soit instruil suffit qu'il prépare deux ou trois vaisseaux qui pourront prom ment mettre à la voile. Quand ils ne seraient approvisionnés pour un mois, cela suffirait à la rigueur.

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