A JÉRÔME NAPOLÉON
ROI DE WKSTPHAL1E (1).
Rambouillet, 15 mars 1809.
Je reçois votre lettre du 7. Je n'ai pu la lire qu'avec étonnement. Personne en France ne parle de vous. J'ignore ce qu'a pu vous faire écrire Madame. Vous croyez que je suis mécontent de votre luxe, et en cela vous ne vous trompez pas. Mais, puisque vous me parlez de votre luxe et que vous me mettez à même de vous dire làdessus ma façon de penser, je ne vous cache pas que je le trouve impolitique et ruineux pour vos États.
Je ne vous connais pas de dettes envers moi à moins que ce ne soit celle de la caisse d'amortissement. Je croyais que vous l'aviez payée; car elle vous l'a fait à terme. Il faut être scrupuleux, et il vaut mieux tenir ses engagements que de faire des présents. Un nommé Morio est venu ici; je ne l'ai pas vu. Il vous a fait du tort par ses propos indiscrets (2)...
Ne faites point de folles dépenses. Vous dites que vous implorez [mon indulgence] ; je ne puis juger que par vos actions. Réformez donc vos dépenses de manière à avoir sur votre liste civile de grosses économies. Le roi de Prusse, dans sa plus grande prospérité, n'a jamais mangé plus de 3 millions. Vienne a encore un état de maison qui ne va pas à la moitié du vôtre. De fausses idées) de grandeur, une générosité peu réfléchie vous ont fait donner une! baronnie à Morio (3)... Si cela est, je puis penser que vous êtes peu'
(i) AFiv 879.
(S) Plusieurs lignes illisibles ; minute fort mal écrite*
(3) Une ligne illisible.
désireux de me plaire, et que, faisant peu de cas de mes conseils, je ne dois plus vous en donner.
Je vous ai demandé de me faire connaître l'état exact de vos troupes, afin de faire mes calculs en conséquence.
Je suis fâché d'apprendre que votre santé est mauvaise. Couchezvous de bonne heure, et ayez un peu de régime.