‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 393 sur 493 · AU GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D'HUNEBOURG · texte numérisé non relu

AU GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D'HUNEBOURG

Ihersdorf, 19 mai 1800.

Je vois dans votre lettre du 13 qu'on a des alarmes à Paris. On ferait mieux de dormir, d'aller à l'Opéra, à des fêtes, au bois de Boulogne, etc. Le général Blûcher n'a point remué. La Prusse ne pense guère à me faire la guerre ; les Russes marchent contre les Autrichiens. Le maréchal Davout est à Vienne et le prince de Ponte- Corvo à Linti. Il y a peu d'esprit à Paris; mais aussi il ne faut pas que le gouvernement prenne des mesures qui alarment. Vous n'avei pas besoin de parler à Fouché ni à Cambacérès de la plaisante guerre de la Prusse, ni de laisser voir des choses que l'art consiste à cacher. C'est montrer la corde que de faire marcher de misérables compagnies de conscrits en poste (2) .

Si le ministre de la police pense qu'il soit nécessaire d'envoyer des troupes à Boaupreau, vous pouvez tirer un bataillon de 500 hommes du corps que commande le général Du four, en les prenant à Rochefort, à la Rochelle ou à l'île d'Aix. Il faut faire une punition exemplaire de la commune qui a laissé assassiner un gendarme.

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