‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 43 sur 493 · AU CITOYEN LUCIEN BONAPARTE · texte numérisé non relu

AU CITOYEN LUCIEN BONAPARTE

Paris, 3 messidor an IX (22 juin 1801).

Je reçois votre lettre du 24 prairial. Des affaires de cette importance ne sont pas des jeux d'enfants.

Les dernières lettres du ministre des relations extérieures, les miennes, vous auront fait connaître que tout le système actuel dépend de la prise de possession de deux ou trois provinces portugaises. Serait-il possible qu'avec votre esprit et votre connaissance du cœur humain, vous vous laissassiez prendre à des cajoleries de cour, et que vous n'eussiez pas les moyens de faire entendre à l'Espagne ses vrais intérêts?

En deux mots, la question est toute dans ceci. Si l'on occupe les trois provinces, on aura, avant le mois de Vfttdémiaire, une paix honorable avec l'Angleterre; et, si l'on était obligé de s'en tenir au traité de Badajoz, on aurait encore la guerre pendant plusieurs années. C'est parce que tout se tient dans le système politique qu'un ministre doit marcher avec une grande précaution et ne jamais rien décider précipitamment.

Comment est-il possible que vous ayez pensé que j'aurais envoy après le traité de Lunéville, quinze mille hommes en Portugal, po faire la paix aux mêmes conditions, et peut-être moins avantageux que celles qu'avait obtenues le Directoire, six mois avant le tr de Campo-Formio, et lorsque nous étions encore en guerre cr l'Autriche?

J'ai déjà fait déclarer en Angleterre que je ne me dép; jamais pour le Portugal de Y ultimatum qui a été proj M. d'Araujo, et qu'il fallait que le statu quo ante bellttm, r Portugal, équivalût pour l'Espagne à la restitution de la Tri nla France à la restitution de la Martinique et de Tabago la Batavie à celle de Curaçao et autres petites îles de 1'

Le ministre anglais, dans la conversation qui a suii de la note, a témoigné que cela lui paraissait fondé en ra

Influencez la cour à laquelle vous vous trouvez, et laissez pas influencer.

(1) Dépôt des affaires étrangères, vol. France 1772 ; publia M Grokfroy de Grandmaison, L'Ambassade française en E$[ Révolution, p. 227.

Faites votre déclaration à M. Pinto; faites-la à la cour d'Espagne; que les armées fassent le reste. Quand on n'a qu'un si petit effort à surmonter pour arriver à la paix du monde, cela mérite que la eour d'Espagne et les agents français le surmontent.

Quant à ce qui vous est personnel, il faut que vous restiez en Espagne.

Félix Desportes ne fait que bavarder à Madrid avec tous les ambassadeurs, qui écrivent un tas de sottises à leurs cours, qui me reviennent. Il écrit aussi beaucoup trop à des journalistes de Bayonne.

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