AU COMTE FOUCHK
Schônbrnnn, 22 août 1809.
Vous me demandez comment on doit se conduire à Savone à réyard du Pape. Donnez ordre qu'on le laisse jouir de toute liberté ; qu'il donne des bénédictions et dise des messes tant qu'il voudra; qu'on empêche la trop grande aflluence du peuple de se porter vers lui; qu'on exerce une surveillance sur tous ceux qui arrivent, et qu'on ne laisse partir ni arriver aucune lettre venant de lui ou de personnes de sa suite, ou adressée à lui ou a des personnes de sa suite. Concertez- vous pour cela avec M. de Lavallette et le ministre des finances. Voyez M. Aldini pour qu'on prenne en Italie les mesures convenables. Défendez qu'on laisse venir à Savone aucun cardinal, hormis celui de Gènes, qui, étant dans le voisinage, peut venir sans inconvénient ; mais qu'aucun autre n'ait cette permission. Faites arrêter à Rome l'ancien confesseur du Pape, qui est un scélérat, et faites-le enfermer à Fénestrelle. J'ai donné ordre au prince Borghèse d'envoyer à Savone un colonel de gendarmerie et de tenir dans la citadelle une garnison de 5 à 600 hommes. Moyennant ces précautions, le Pape sera à l'abri de tout événement. Je le fais loger à l'évêché, où il sera très bien. Ecrivez au préfet de ne le laisser manquer de rien de ce qu'il pourra désirer.
P. -S. — Écrivez partout, pour que l'on n'en parle pas dans les gazettes.