AU COMTE DE CHAMPAGXY
Schônbmnn. 25 août 1809, à quatre heures après midi.
Je vous renvoie les dépêches de M. de Caulaincourt que vous m'avez laissées ; je crois qu'il est temps d'y répondre. Répondez-lui en chiffre que la lettre que vous lui avez écrite sur les affaires de Pologne s'est croisée avec son courrier; qu'il a donc la latitude
(1) AFiv 881.
(2) lùid.
nécessaire pour traiter la question de la Galicie; qu'il ne doit pas s'écarter du principe que, dans un aucun bas, je ne veux me brouiller avec la Russie ni sortir du système de l'alliance qui nous unit ; que les négociations se font par protocole ; que, depuis huit jours qu'elles sont ouvertes, il n'y a pas encore eu de séance d'arrêtée, ce qui a retardé l'envoi de votre courrier; que vous ne voulez pas cependant le retarder davantage ; qu'incessamment vous lui enverrez les protocoles des cinq ou six premiers jours ; qu'en général on est d'accord sur peu de choses; que nous ignorons le parti que l'Autriche veut prendre, et que nous attendons d'être éclairés là-dessus ; que, si la Russie veut envoyer un plénipotentiaire, elle envoie un homme qui soit dans le système, qui ait l'instruction de s'en tenir à l'article... du traité d'alliance, et qui ne fasse pas cause commune avec les Autrichiens ; que, s'il a la confiance de l'empereur, il pourrait être chargé de lever les difficultés qui pourraient se présenter entre nous et la Russie. Vous pourrez envoyer à M. de Caulaincourt une idée des principales choses qui ont été discutées dans la négociation. Après cela, vous lui donnerez des nouvelles des expéditions des Anglais en Hollande et en Espagne. Vous lui ferez connaître qu'en Espagne ils ont été battus, quoiqu'ils s'attribuent la victoire, et que la preuve en est que lord Wellesley est, à l'heure qu'il est, rentré en Portugal, après nous avoir abandonné 6 ou 7,000 blessés ou malades. Je pense que l'expédition de ce courrier est pressante. Mandez bien à Caulaincourt de prévenir M. de Romanzoff de se tenir en garde contre les insinuations de l'Autriche; de l'assurer que le mot Galicie n'a pas été prononcé, que nous ne voulons pas le prononcer, quoique l'on voie que les Autrichiens cherchent des moyens de commencer par là la question, et que c'est la crainte des bavardages qu'ils voudraient faire qui nous a fait prendre le parti de faire un protocole. Expédiez ce courrier sans délai ; je tiens cela pressé. Je vous enverrai les gazettes anglaises jusqu'au 15 août ; mais je pense qu'il ne faudra pas les montrer.