‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 457 sur 493 · AU COMTE FOUCHÉ · texte numérisé non relu

AU COMTE FOUCHÉ

Schônbrunn, 12 septembre 1809.

Le prince de Pontc-Corvo, se rendant à Paris, causera probable- (1) AFiv 882.

ment avec vous. Vous lui ferez connaître que j'ai pté mécontent de son ordre du jour aux Saxons, oui tend à leur attribuer une gloire qu'ils ne méritent pas, puisqu'ils ont été en fuite toute la journée du 6 ; que je n'ai pas été moins mécontent de son ordre du jour aux gardes nationales, où il dit qu'il n'avait que J 5,000 hommes, tandis que j'en avais 60,000 sur l'Escauf ; que, n'en eût-il que 10,000, il est criminel à un général de donner le secret de ses forces à l'ennemi et à l'Europe; qu'il n'a point de mesure; que j'ai été mécontent que, pendant les affaires de Suède, il ait décidé provisoirement l'admission des Suédois et m'ait ainsi compromis vis-à-vis des Russes ; qu'il reçoit des correspondances d'un tas d'intrigants de Paris , que je sais qu'il n'est pas assez dupe pour ajouter foi à leurs rapports, mais que cela n'est pas convenable; que je ne puis souffrir l'intrigue; qu'il est de son devoir et de son intérêt de marcher droit ; qu'il doit chasser cette canaille de chez lui, et ne pas souffrir qu'elle lui écrive; que, s'il ne veut pas, il lui arrivera malheur. Le prince de Ponte-Corvo a gagné beaucoup d'argent à Hambourg ; il en a gagné à Elbing ; c'est ce qui m'a valu les mauvaises affaires de Pologne et la bataille d'Eylau. Je suis fatigué des intrigants, et je suis scandalisé qu'un homme que j'ai comblp de bienfaits prête l'oreille à des misérables qu'il connaît et qu'il apprécie. Vous lui direz qu'il n'a pas vu un homme et reçu une lettre que je ne l'aie su ; que je connais le peu d'importance qu'il y met; mais souffrir la correspondance de ces hommes et les voir, c'est les encourager.

Tout ceci est secret. Ne vous servez de ces détails qu'en cas que le prince de Ponte-Corvo vous parlât; sans cela, vous ne lui parlerez de rien.

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