‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 477 sur 493 · CIRCULAIRE AUX ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

CIRCULAIRE AUX ÉVÊQUES

Fontainebleau, 6 novembre 1809.

[A la suite de la circulaire adressée aux évêques à l'occasion de h paix, imprimée dans la Correspondance sous le n° 15997, r Empereur avait dicté les passages suivants, qu'il a ensuite biffés de sa main sur la minute :]

Nous avons jugé nécessaire au bien de nos peuples et aux intérêts politiques de notre couronne de gouverner directement les parties de l'Empire que Charlemagne, notre auguste prédécesseur, avait jugé à propos de confier aux évêques de Rome, à titre de fiefs, pour l'intérêt delà foi et non pour celui des hérétiques.

Tenant notre trône de Dieu, nous ne sommes comptables qu'à lui de nos actions. Tout ce que nous avons fait, nous l'avons fait pour la gloire et le bien de nos peuples, et aussi pour le plus grand bien de la religion, qui tire toujours sa force de la simplicité, de la charité et de la vérité de la foi, et non des choses qui lui sont étrangères et que Jésus-Christ aurait pu et n'a pas voulu établir.

Lorsque, sur le champ de bataille de Marengo, nous conçûmes la volonté de rétablir les autels renversés de nos pères, il fut bien loin de nous de reconnaître ces prétentions monstrueuses et contraires aux principes de la religion, qui ont donné à ses ennemis le moyen de la calomnier, qui ont causé tant de maux et fait verser tant de sang, et que professèrent les Grégoire VII et les Jules II. Nous avons entendu rétablir la doctrine que l'école de Paris, la Sorbonne et le clergé de France, surtout dans ses déclarations de 1682, ont pris pour base de leur doctrine. C'est cette doctrine que nous avons reçue de nos pères, que nous avons voulu rétablir et que nous voulons maintenir.

Nous regarderons avec pitié ceux qui, imbus d'une fausse doctrine, méconnaîtraient le commandement de Jésus-Christ, qui ordonnait de rendre à César ce qui appartient a César, et qui ne per-

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mettait pas de soumettre la direction des consciences et les intérêts spirituels à des considératious temporelles. Ce qu'un homme a fait, un homme peut le défaire ; ce que Dieu a fait est seul immuable.

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