A M. FOUCHE
Camp de Boulogne, 4 fructidor an XIII (22 août 1805).
J'apprends que le général Lecourbe est revenu à la campagne
(1) Mémoires du prince Eugène, 1. 1, p. 248-2 V9.
(2) AFiv 867.
qu'il a à quelques lieues de Paris. Je lui avais fait donner Tordre de se rendre en Franche-Comté. S'il est encore à sa campagne, faites-le arrêter et reconduire en Franche-Comté par la gendarmerie. Cet officier général s'est assez mal comporté pour qu'on ne souffre point son voisinage de Paris. Faites-lui connaître que, la première fois qu'il s'approchera de Paris à quarante lieues, je le ferai arrêter et déporter. Engagez-le à vendre sa terre près Paris, et faites-lui comprendre qu'il a besoin de se bien conduire ; que je sais la part qu'il a eue à la conspiration de Georges, et la conduite qu'il a tenue. Je dois à cette occasion vous témoigner mon mécontentement de l'avoir laissé s'approcher de si près. C'est un sournois, un méchant homme, dangereux, et qui est lié avec tous mes ennemis. Je dois aussi vous dire que la police n'a pas de conséquence dans sa conduite. L'affaire de Lenormant le prouve. Si Lahorie et trois ou quatre autres individus attachés au parti de Moreau, que j'avais relégués dans des départements, n'étaient pas publiquement à Paris, tant de projets aussi sots que ridicules ne leur viendraient point dans la tête uniquement pour les perdre. Fixez votre attention sur cet objet, et chassez de Paris tout ce qui ne doit pas y être.