A M. FOUCHÉ
Camp de Boulogne, II fructidor an XIII (29 août 1805).
Permettez-moi de vous le dire, je ne comprends rien à votre conduite. Ou vous avez une grande ignorance des hommes, ou vous cherchez à m'occuper de choses qui ne doivent point me regarder. Lecourbe est à Paris ; il ne doit pas y être : il n'y a point d'homme plus faux et plus profondément scélérat. Que dans douze heures il soit hors de Paris, et n'y revienne jamais. Quand on a les premières idées de gouvernement, on doit sentir que Lecourbe ne doit jamais rester qu'à cent lieues de Paris. Vous n'auriez jamais dû lui conseiller de [venir].
(1) AFiv 867.
(2) Ibid.
5ft LETTRES INÉDITES DE NAPOLÉON I". — AN XIII.
Un autre objet est lime de Staël. Elle prétend que je lui ai permis de venir à Paris, et elle veut y rester. Qu'elle se rende à Coppet; vous sentez que je ne suis pas assez imbécile pour la vouloir à Paris plutôt qu'à vingt lieues. Elle ne se mêle que des affaires de la France, à Genève, qui est le pays du monde (1)... Faites connaître à ses amis qu'elle s'arrêtera à quarante lieues. Tous les éléments de discorde, il faut les éloigner de Paris. Il n'est pas possible que, quand je serai à deux mille lieues, à l'extrémité de l'Europe, je laisse aux mauvais citoyens le champ libre d'agiter ma capitale