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que son talent expose davantage aux sollicitations des inconnus ou des importuns. Il faudrait avoir le courage de laisser perdre ces miettes de l'esprit des grands hommes ; car nous n'avons pas besoin de preuves pour admettre qu'ils savaient accepter ou refuser une invitation à dîner, et qu'à l'occasion ils tournaient de la meilleure grâce un compliment sans portée.
Mais heureusement la Correspondance de Sainte-Beuve est riche en documents de premier ordre ■ sur sa biographie, sur sa conception de la critiqua, sur l'évolution de ses sentiments. Connaît-on la fierté, la probité intransigeante de Sainte-Beuve, lorsqu'on n'a pas lu les nombreuses lettres adressées'à la comtesse Christine de Fontanes/qui l'avait chargé d'éditer les œuvres de son père ? Les lettres de Sainte-Beuve à l'abbé Barbe ne sont-elles pas précieuses pour qui veut étudier les variations de la pensée du critique à l'égard de la reli-
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gion (1)? Il suffit de se demander ce que l'étude de M. d'Haussonville sur Sainte-Beuve doit à cette dernière correspondance, pour apprécier l'intérêt de pareils documents.
Nous voudrions apporter une modeste contribution à l'enquête ouverte sur Sainte- Beuve ; pas plus que JVf. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, dans un iivre récent, nous n'avons l'ambition de révéler un Sainte-Beuve nouveau. Mais le futur biographe du grand critique trouvera peut-être ici quelques faits et quelques idées, puisés à la source même, et nous nous tiendrons pour satisfaits, nous qui n'avons eu que la peine « d'aller et de ramasser ».
(1) M. L. Derùme, qui est très dédaigneux pour le talent t'pistolaire de Sainte-Beuve {Causeries d'un ami des livres, [)■ 294, note), reconnaît pourtant que les lettres à l'abbé' Barbe peuvent être consultées avec fruit (p. 290, note). — Ces lettres ont été publiées en 1872 par Fr. Morand, sous le titre de: Les jeunes années de Sainte-Beuve ; elles se retrouvent dans la Nouvelle Correspondance.
CORRESPONDANCE INEDITE
DE