‹ Lettres inédites de Voltaire adressées a Madame la Comtesse de LutzelbourgChapitre 14 sur 60 · LETTRE VIII · texte numérisé non relu

LETTRE VIII

Colmar, 4^^^^°^^'^^ 1753.

J'ai vu monsieur le baron. d'Arstad , Madame. Tout ce. qui vous appartient me paraît bien aimable , et redouble le tendre intérêt que j'ai pris si long-tems à tant de malheurs. Madame la première Présidente daigna venir voir le pauvre goutteux avant de partir pour Paris. Je vous dois les bontés dont votre respectable famille m'honore. Mais pourquoi faut- il que je sois loin de vous ! Les maux me clouent à Golmar , et la goutte est encore un surcroît de mes souffrances , sans en X avoir diminué aucune. Il n'y a que les sentimens qui m'attachent à vous qui puissent^ me donner la force d'écrire.

Remerciez bien , Madame , la nature et votre sagesse qui vous ont conservé la santé. Quand les maladies se joignent aux maux de l'âme , quelle ressource reste -t- il ? La vie alors n'est qu'une longue mort. Et combiea

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de gens sont dans cet état I On ne les voit point 9 parce que les malheureux se cachent^ Ceux qui sont dans Tâge des illusions se montrent, et font là foule, en attendant que leur tour vienne de souffrir et de disparaître.

Les momens heureux que j'ai passés dans votre solitude ne reviendront-ils point ? Conservez-moi du moins votre souvenir. Je présente le même placèt à votre amie. Je ne sais aucune ttouvellie. J'ai renoncé à tout ^ hors à vous être bifen tendrement attaché.

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