LETTRE XXVI
A Monrion, 9 février 1757.
Est -IL vraî ce qu'on m'écrit , que le gardedes-sceaux et M. d'Argenson sont exilés ?
que l'abbé de Demis a les affaires étrangères ? Si cela est , celui qui a fait le traité de Vienne mettra sa gloire à le soutenir.
Le roi de Prusse m'a écrit une lettre assez tendre de Dresde, le 19 janvier. La Czarine veut que j'aille à Pétersbourg. Je me tiendrai dans la Suisse. J'ai tàté des Cours.
Portez-vous bien , Madame , vous et votre aimable amie.
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t>E VOLTAIRE. 59
LETTRE XXVIL
A Monrion, près de Lausanne, 8 macfi*
J^Aï été malade , Madame ^ et j'ai perdu mon correspondant qui me mandait bien des nouvelles que j'avais Thonneur de vous envoyer. Je retombe dans mon néant. Je ne sais plus si les trouves marchent ou non } si mon pauvre amiral Bing a eu la tête cassée « Je sais seulement que les Anglais ont la tête bien dure , ou plutôt le cœur j que l'argent est bien rare , et que cette vie n'est pas semée de roses. La chèvre n'a remporté de Paris que le mauvais quolibet attendez-moi sous Vorme. Portez-vous bien , Madame ; vivez avec votre digne amie^ méprisez ce malheureux monde comme il le mérite ; conservez-moi vos bontés.
6o LETTRES IREDITkS
LETTRE XXVni.
Près de Lausanne , 6 ayril^
Quand je saîs quelqae chose , Madame, j'écris; quand je ne sais rien y je me tais.
Hors la maladie dont est mort M. Damiens , il n'est rien parvenu à ma connaissance. Si vous savez quelques bagatelles du Rhin , de l'Elbe , du Niémen , ayez la bonté d'en faire part aux solitaires des Délices. Il faut regarder tous t:es événemens comme une tragédie que nous voyons d'une bonne loge , où nous sommes très à notre aise. Restez long*tems dans la vôtre avec votre digne amie. Conservez-moi vos bontés , et priez touteis deux pour Marie.
DE VOLTAIRE. 6l