‹ Lettres inédites de Voltaire adressées a Madame la Comtesse de LutzelbourgChapitre 29 sur 60 · X.ETTRE XXV · texte numérisé non relu

X.ETTRE XXV

Premier février 1757.

Je suis bien touché du souvenir de M. lecomte de Lutzelbourg. Je lui souhaite des campa^ gaes heureuses pendant l'été et de bons quartiers d'hiver -, point de coups de fusil , de grosses pensions et des honneurs , et quelquefois une douce retraite à l'île Jard avec la plus aimable et la plus respectable femme du monde , qui est madame sa mère.

La conversation du roi de Prusse et de l'anglaistMitchell est imprimée , et n'en est guère plus vraie. Il se peut faire à toute force qu'un ministre anglais ait parlé de Dieu ; mais il ne se peut qu'il ait dit au marquis de Brandebourg que Dieu était le seul à qui l'Angleterre ne donnât pas de subsides , attendu que le marquis n'en a jamais reçu , et que le Danemarck est actuellement le seul état qui reçoive des guinées.

Je VOUS supplie, Madame^ de vous tenir bien chaudement. Je n'ai plus de mouches; mais j'ai de la neige e% autant qu'il y en a sur l'Aller. Portez-vous bien, et moquez-vous du monde. Mille respects.

Copte d*une lettre écrite de Paris à M. de Voltaire , et qui se trompe sur le recto de^ la lettre suivante de M. de Vbltaire à madame la comtesse de Lutzelbourg.

9 Du 3o jaBtier , a Paris.

Roberl-Françoîs Damîens est interrogé fréquemment et longuement^; il n'est plus permis de douter qu'il n'ait des complices. La lettre adressée à M. le Dauphin est trës-vraie ; vous pouvez compter là-dessus.

On lui marque dans cette lettre que sa vie est en danger ; qu'il ne Jui sera pas difficile de se garantir du fer , mais qu'il n'a d'autre moyen d'éviter le poison qu'en se servant de la poudre renfermée dans la lettre. L'on a fait essai de cette poudre y c'était le poison le plus subtil. Des consuls de la ville ont reçu aussi une lettre dans ce goût - là , datée de Strasbourg. Je ne puis revenir de pareilles abominations. Notre siècle ne vaut pas mieux que les autres.

11 est vrai que l'assassîu n'a pas paru proprement un fanatique ; .mais ce qui explique cela , c'est qu'il n'est point décidé qu'il n'ait pas espéré de se sauver , et il y a même apparence du contraire.

L'on débite cent choses nouvelles tous les jours y tout devient intéressant , il semble que tout a rapport à l'affaire principale qui occupe tous les honnêtes gens. La Bastille est pleine : l'on y a renfermé encore une dame du Meckelbourg , mais elle doit sortir aujourd'hui. Il s'agissait d'une lettre ^jx sujet du roi de Prusse et d'un Autrichien. L'affaire est manquée y et elle n'a aucun rapport aux affaires d'ici , etc.

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