‹ Lettres inédites de Voltaire adressées a Madame la Comtesse de LutzelbourgChapitre 33 sur 60 · LETTRE XXXII · texte numérisé non relu

LETTRE XXXII

Aux Délices, 6 août 1757.

Madame , vous avez eu la consolatioù de voir monsieur votre fils; mais oii va-t-il ? où est-il ? Pardomiez à mes questions , et souffrez l'in^ térét que j'y prends. On dit à Paris que le maréchal de Richelieu va prendre le commandement de Tarmée du maréchal d'Estrées, et j'en doute. On dit que ce maréchal d'Estrées a gagné une bataille le 2^ juillet , et j'en doute encore. Les affaires du roi de Prusse parais^ sent bien mauvaises. On ne parle que de postes emportés par les Autrichiens , de convois coupés , de magasins pris. On ajoute que les officiers prussiens désertent , et que le roi de Prusse en a fait arquebuser quarante pour s^attacher les autres davantage i on dit qu'il a fait mettre en prison un prince d'Anhalt. On me mande de l'armée autrichienne que le roi de Prusse est sans ressource. Voici bien tôt le tems oii madame Denis pourrait demander

les oreilles de ce coquin de Francfort qui eut l'insolence de faire arrêter dans la rue , la baïonnette dans le ventre , la femme d'un officier du roi de France , voyageant avec le passerport du roi son maître.

On croit à Vienne , que si le roi de Prusse succombe y il sera mis au ban de l'Empire y et que ceux qui ont abusé de son pouvoir seront punis.

Les Russes avancent dans la Prusse; £'ennemi public sera pris de tous côtés. Vive Marie- Thérèse ! Portez-vous bien , Madame , pour voir le dénouement de tout ceci.

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