VI DISCOURS
consacrés par fassentîinent ^âéral y nous forçons nos auditeurs à comparer notre conduite avec nos paroles y les préceptes étant ju^s d'avance > Talternative de honte ou de gloire que prépare cet examen ^ ne peut atteindre que nous.
Mais quand nous travaillons à chan-* ger Tordre établi , nous devons craindre que cette ardeur de réformer les abus ne soit considérée conube un abus eile-méme.
Dafis le premier cas^ les discours religieux de Tbomme corrompu sont un miroir vengeur qui fait mieux connaître toute la difformité de son âme* Dans le second^ en attendante l'approbation de l'expérience , c'est de rhomtoe lui-même que les préceptes et les conseils qu'il proclante tirent leur première preuve; c'-est par l'abondance y par la pureté de sa source y qu'on jugé d'un ruisseau qui prétend devenir un fleuve , et fertiliser des contrées lointaines.
PRJBLIMINAIRS. VU
Telles sont les prînc^^les considé** rations ^ui ae présentèreiit k notre esprit en Ibant ces Lettres pour la première fois. Uxie autre coojdderation nous a quelque tems arrêté^ quand nous avons jeu dessein de le$ rendre publiques. Nous avons craiipit que les persooues religieuses ne fussent bles^ sées d y retrouver certains sentimens dont Texpression revient à tout propos sous la pluxae de Yoltaire , au risque d'épuiser toutes les combinaisons dun style ingénieux et toujours neuf par sa constante légèreté. Croirait** on que l'excès même oii la correspondance déjà connue a porté le scandale^ nous offre un jiiotif suffisant de tranquillité à cet égard ? Pour dégoûter du vin les jeunes Spartiates , on mettait sous leurs yeux un esclave en proie aux plus hideuses convulsions de l'ivresse.
Dans s€;s Lettres à d'Alenabert , Voltaire ne se montre que t^op souvent comme un misérable esclave de l'or-
vm DISCOURS
gueîl, portant au plus haut degré de fureur et de turpitude llvresse de Kmpiété: on dirait qu il obéit à son insçu aux décrets mystérieux de la Providence y quand il paraît devant ses disciples , dans Un état si humiliant et si propre à détruire toutes les grâces de son esprit , tous les attraits de sa morale épicurienne , toutes les ruses de sa philosophie égoïste et railleuse , tout l'enchantement , en un mot, que sa brillante imagination et les désirs secrets d'un siècle corrompu réjpandaient sur une doctrine insultante et cadavéreuse.
Si nous pouvions croire qu'il existât des âmes vraiment honnêtes siir qui Vinfamè licence de Voltaire n'eut pas produit son véritable effet , nous n'hésiterions pas, quelle que soit d'ailleurs notre admiration pour les qualités éclatantes de cet écrivain, de condamner au feu des pages toujours précieuses , puisque la main d'un grand hoinme ^^^