‹ Lettres inédites de Voltaire adressées a Madame la Comtesse de LutzelbourgChapitre 41 sur 60 · LETTRE XLI · texte numérisé non relu

LETTRE XLI

A.UX Délices j i." novembre 1750.

Il me paraît , Madame , qu'où passe sa vie~ à voir des révolutions. L'année passée ,^au mois d'octobre ; le roi de Prusse voulait se tuer. Il nous tua au mois de novembre. Il est détruit cette année en octobre. Nous verrons si nous serons battus le mois prochain.

On dit le monarque Portugais blessé à l'épaule 9 le monarque Espagnol blessé au cerveau , le roi , ou soi-disant tel , de Suède gardé à vue , et celui de Pologne buvant et mangeant à nos dépens , tandis que les Prussiens boivent et mangent encore aux dépens des Saxons. Des autres rois je n'en parle pas. Portez -vous bien , Madame , et voyez d'un oeil toujours tranquille la sanglante tragédie et la ridicule comédie de ce monde. Je tremble toujours que quelque balle de fusil ne vienne balafrer le beau visage de monsieur votre fils à qui je présente.mes respects. Avez-

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TOUS le bonheur de posséder madame de Broumath?

Voulez-vous bien permettre , Madame , que je mette dans ce paquet un petit billet pour Collni qui vous est attaché. Pardonnez cette liberté grande. En voici encore une autre. Je vous demande en grâce , quand vous enverrez à Strasbourg , de vouloir bien, dire au coureur qu'il aille, chemin faisant, laver la tête au banquier Turckeim , et lui signifier que je meurs de faim ^ s'il ne songe pas à moi. Pardon, Madame, mais. dans l'occasion on a recours à ce qu'on aime. Mille tendre»

respects.

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