‹ Lettres inédites de Voltaire adressées a Madame la Comtesse de LutzelbourgChapitre 43 sur 60 · LETTRE XLIII · texte numérisé non relu

LETTRE XLIII

Aux Délices 9 a juillet 1759.

, Vous m'ayez envoyé , Madame , la plus grosse face qui soit à Strasbourg. Oh ! que ce frocart a bien l'air du secrétaire d'un intendant ! Je l'ai reçu de mon mieux. Il m'a paru enchanté de mon pays. En effet, c'est la plus jolie nature du monde , et personne ne se vante^d'avoir une f^s belle situation que moi. Je voulais cependant la quitter , mais je suis arrêté par mes bàtimens jusqu'au mois de septembre. J'espère bien alors avoir l'hon-r neur de vous faire ma cour à l'île Jard. Je ne sais pas encore bien positivement si on a repris la ville de Quebee. En tout cas, cela n'est bon à reprendre que Tété. Je |ie vois pas ce qu'on peut faire de ce vilain pays en hiver. Paris est, l'hiver et l'été, le centre di^ ridicule. Ramponeau, cabaretier de la Courtille , a occupé la Cour et la ville. Les com Visionnaires qui j^e crucifient oiit un grançl

parti , et la Taurnelle ne sait j^as trop comment les juger. Les jésuites sont poursuivis par les apothicaires pour avoir vendu du vertde-gris , et sont accusés d'empoisonner les corps , après l'avoir été jadis d'empoisonner les âmes. On s'est mangé le blanc deis yeux pour une mauvaise comédie. Portez-vous bien , Madame , et vivez pour voir des fems plus heureux et moins sots.

dd LETTRES IKEOITES

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