‹ Lettres inédites de Voltaire adressées a Madame la Comtesse de LutzelbourgChapitre 50 sur 60 · LETTRE L · texte numérisé non relu

LETTRE L

Aux Délices, i6 décembre 1759.

Calfeutrez-vous, chauffez-vous bien , Madame ; digérez ; jouissez de la société d'une amie charmante et de la considération personnelle qui doit rendre votre vie agréable. On abrège ses jours dans le tracas des Cours ; on les prolonge et on les rend sereins dans la retraite. Si je suis en vie , j'en ai l'jiâhligation à ma campagne. J'ai acheté deux terres belles et bonnes auprès de mes Délices ^ par reconnaissance du bien que m'a fait la vie champêtre.. J'ai trois ports contre tous les naufrages ; j'y ris de la folie ridicule des courtisans , et du changement continuel de scènes danis une très-mauvaise pièce. Les vers que vous m'envoyez ne donnent point envie de rire^ ils disent des vérités bien triâtes* U {e^\kX s'attendre à peu de gloire et peu d'argent. Passe pour le premier point. Le duc de Lai^raguais renonce à la gloire» et garde son argent -, mais la France perd' lé sien»

Bonsoir et mille tendres respects.

Ï.ETTRE. LI C).

Aux Délices^ a8 décembre XJ7%«

Jouissez de ïa santé, Madame, Tannée 1 760,, N'ayQ3^ point mal aux yeux , comme nioi ,.

qui ne peux vous écrire de ma main ; vivez avec votre amie , et avec monsieur votre fils , tant que vous pourrez : voyez d'un œil tranquille nos énormes sottises ; mettez à la tontine et enterrez votre classe. J'ai envoyé un gros paquet à Colini , dans lequel il y a une lettre pour monseigneur l'électeur Palatin , et une autre pour le valct-de-chambre fa-, vori ; il devrait l'avoir reçu. Les bontés dont vous l'honorez , Madame , me mettent en droit de vous prier de l'en avertir.

On dit qu'on a roué le R. P. Malagrida ; Dieu soit béni! Vous aviez deux jésuites bien insolens , l'un à Strasbourg, l'autre à Colmar. ' ■ • "*

(*) D'une main étrangère.

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lOO LETTRES '*IH»DITES

Monsieur le premier Président , votre frère, piénageait ces maroiraS^Ne sait-il pas qu'ils sont à présent fort au-dessous des capucins } Je mourrais content si la paix était faite , et si je voyais les jansénistes et les moli-» nistes écrasés les uns par les autres.

( De la main de Voltaire. )

Mille tendres respects.

»IB YOLTAIHE. IQI

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