LETTRE LIJ
Aux Délice* , a ao&t.
O N n'a pas plus tôt appris une bonne mou^ velle , Madame , que vingt mauvaises viennent Teffacer. Est-il vrai que la discorde est dans notre armée pour nous achever de peindre ? On m'avait dit que la moitié de Dresde était réduite en cendres. Heureusement , il n'y a eu que les faubourgs de saccagés. Ou est monsieur votre fils? Vous savez combien je m'intéresse à lui. Puissent nos sottises ne lui être pas funestes ! J'ai encore l'espérance d'être chez vous à la fin de septembre. Je voudraiç, Madame , vous engager dans une infidélité.
Je veux vous proposer de me faire avoir tme copie du portrait de madame de Pompadour. N'y aurait -il point quelque petit peintre à Strasbourg qui fôt un copiste passable ? Je serais charmé d'avoir dans ma petite galerie ime belle femme qui vous aime , et qui fait autant de bien qu'on dit de mal
103 LETTRES INEBITE&
d'elle. On parle de troupes envoyées contre le parlement de Normandie ; je les aimerais mieux contre le parlement d'Angleterre.
Portez *- vous bien , Madame ^ laissez le xnonde en proie à ses fureurs et à seç sottises. Que j'ai d'eûvie de venir causer avec ybus !