‹ Lettres inédites de Voltaire (volume 2)Chapitre 38 sur 74 · ET CONTRATS A FERME · texte numérisé non relu

ET CONTRATS A FERME

Lépine par contrat 1,000

Par billet 5oo

Florian pour solde jusqu'au 24 mai 1775 la

somme de 641

mais il n'j' a point d'interruption , puisque la réclame se tronve indiquée au bas de la page précédente.

Il y a ici une différence de 1000 fr. avec le premier total, peul- ^tre à cause de l'erreur de pareille somme faite sur l'état précédent.

* Là se trouve iine première soustraction fautije el entièrement raturée.

Fxrit sur le verso.

DE VOLTAIIir. 225

Report. , 2,0/» I

Doit en avril 1776 /ijiac*^»

Pour la maison, du 24 mai 2,000. ;i

Et au mois de juillet 2,000'

Dupuis. . . . voyez la date 1,000

Meuble , par Guichard , notaire à Moiran , route

de Chàlons. (Ancien contrat du mois de mars.) . 1,000

Contrat en mars 2,000

Bourset à réformer 33o

Rieu en juillet 900

Valentin, à la Un de janvier, pour le fonds de

28,000 liv. remboursable en 1777 1,120

Pour sa maison du 1 4 novembre 760 ^

Mau/ier, 20 juillet, maintenant Valentin 80

Trilla 9 décembre 144

( labier ; il y aura de rentes environ 800

Perrachon, à la fin de juillet 2,5 1 5

Serret et Dufour pour maison i,3oo '*

Et pour un Omds remboursable en 1777 , qui est

de 33,333 1,666

Serrant, pour maison , février ^So

Plus , pour un fonds de 6,000 240

Au/ière doit 2,400 liv. de fonds 120

Bellevuc Renaud 258

Dallot 78

Grand commun 396

* Écrit en marge : Cela doit être payé chez Naville.

' En marge : Pour les Ta,ooo auxquels je me suis restreint.

En marge : Voyez iods et ventes.

'* En marge : A revoir.

O.lG Fr>RTli .>P.

Jê0^/ ^ Hcpoii a5,a:ii

'•Hjigij^îiiot, tailleur 84

Odiot, (abcrgemcnt ;. . 170

(i. iPcret Go

Oulric 72

Tanneur Brun ( aberg. y . iSo

Par "obligation à Wagnirre. . 60

Le Thuilier ( aberg. ) • . . 108

Saint-Germain, Pingion, Chabot demande cette

maison en abergement 71

Jord.mnct 12'i

Louiset, en février 14»

Luxembourg , juillet 206

Jacquet , (abergement) 80

Obligation 3o

Abergement de Sion , mes commissions en souffrance 162

A.uziêre, sur sa maison , 3 janvier 600

Fillon, maison Thibaut ( incertain ) 600

Daluzet , environ 800

Vial 600

' Beurne 6Z6

Auzière , sa maison 700

Giron 55o

Saint-Géran 1,640

Rocher 63o

Ravinel 3 1 5

31,726 ' Landri ayant prêté 210

' On rapporte cette addition cl les suivantes telles qu elles sont dans l'original , avec leurs inexactitudes.

r>F- voi.T\ j n F. •)'>.'^

RKNTKS'.

Simon Hony, serrurier, sa jnaison en viager, du 5 juin 1776 aSS liv.

Cens 5»

Giroud, en viager, sa maison 566

Cens 5

Perrachon , terrein aux Flattes , abergement

26 mai 1 776 6

Cens a

IMadame d'Hacqueville , maison et tenein ,

7 juin 1776, abergement, à 4 pour cent. . 7/jO

Cens 1

Andiot, sa maison en viager, 28 mai 1776. ^'lO

Cens 0

Landry et sa femme, argent prêté en viager,

28 mai 1776 210

Sordat et Dubuis, maison en viager, 5 juin

1776 /jf5o

Cens 1

M. Dufour, argent prêté en viager 1,000 liv.,

le 1 1 juin 1776 75

M. Monginot, viager pour le i*^ octobre 1776. 1,820

Cens 2

Dufourat, viager 97S

Cens 1

Saint-Gand , pour le champ des Pâlies , aber-

^ ment du 1 1 juin 1 776 1 5

Cens 2

Raynaud 840

De l'autre page ^Ij936

' Celte partie est de l'écriture de Wagnière, secrétaire de Voltaire. ' Le total el ce qui suit est de la main de Voltaire.

FORTUNE

Report. .

Maison (.:

bai dos Roches

Olivier . .

Fa vie. . . .

(Le total général n'est pas indiqué. j

A la suite des détails qu'on vient de rapporter, se trouve une Jiste occupant trois j)ages des billets que l'on peut donner m paiement pour les maisons. Le total s'en élève à la somme de plus de 5o,ooo fr. ; moitié est de l'écriture de Voltaire, et l'autre moitié de celle de Wagnière. La plus grande partie de ces billets paraissent avoir été acquittés, on en a du moins rayé le montant. Vient après une autre liste des billets dont on peut faire usage pour Vannée 1777 , depuis le 1^ juin 1777; presque toutes les sommes en sont également biffées. Cette énumération occupe une page un quart.

On n'ajoutera que peu d'éclaircissements à ces calculs.

Ainsi qu'on l'a remarqué par une note, page 228, il y a dans l'addition de l'état des rentes une erreur de 11,000 livres, soit que Voltaire ait omis de désigner quelques contrats, soit qu'il ait aliéné quelques-uns de ceux qu'il possédait en ijSo, pour en placer le capital chez le duc de Virtemberg auquel il prêta beaucoup d'argent à son retour de Prusse, en 1733. Néanmoins, malgré cette

omission ou cette différence , la totalité de son revenu avait éprouvé un grand accroissement, puisqu'eu défalquant les 1 1 ,000 livres d'erreur, il reste encore un revenu de 187,500 fr. et un excédant de dépenses de 1 62,100 liv; ses neveux et, comme le dit lui-même, le curé payés.

Dans ce revenu ne sont pas comprises les sommes qui figurent, sur les autres états, sous le titre de maisons en rentes et contrats a ferme ^ dont l'ensemble se monte à plus de 4o,ooo livres. Il y a lieu de croire, par plusieurs désignations de baux, ([U(î ces états ne sont qu'un détail du produit de la terre de Ferney, que Voltaire a porté en bloc à la page 223, pour une somme de 35, 000 livres.

Ferney, dans son origine, ne rapportait pas j)lus de deux ou trois mille liv. de rente; mais les droits que revendiqua Voltaire, et plus encore les améliorations de culture et de dessèchement qu'il fit exécuter, en portèrent bientôt le revenu à plus de huit mille livres. ( Voyez à la page 97 l'extiail d'une de ses lettres à M. de La Chalotais 1762. )

Mais ce qui augmenta surtout le produit de cette terre, et ce qui fit du très-petit village de Ferney un assez gros bourg , ce fut l'émigration d'un nombre considérable d'artisans, pendant les troubles de Genève ', et surtout pendant ceux de 1 770.

' • Les bourgeois, écrivait-il le i i mai 1770, au cardinal tic lîei - « nis, tome LX VII , page auS, les bourgeois , qui se disent nobles «< et seigneurs, assassinent quelques Genevois qui ne sont que n.i- « tifs. Les confrères des assassins ne pouvant se réfugier dans la villi-

Voltaire les y attirait , et savait les y fixer , non-seulement eu leur procurant toutes les facilités de s'y établir à peu de frais, et tous les moyens d'exporter, dans les cours étrangères, les produits de leur industrie, mais encore en les fesant jouir d'un état de paix et de tolérance qui n'existait plus à Genève ^

Voltaire, qui avait une grande aptitude pour les affaires , savait à merveille, ce qu'alors on ignorait assez généralement , combien l'encouragement accordé à l'émulation , et combien les capitaux réunis au travail peuvent multiplier la production el augmenter les bénéfices. Aussi avait-il toujours des fonds disponibles, pour les répartir à propos entre ceux que le manque d'argent aurait forcés à l'oisiveté, ou du moins aurait empêchés de donner l'essor à leur industrie. Delà vient cette multitude de

« de M. le duc deChoiseul (Versoy), attendu qu'elle n'est point bâ-

• tie, choisirent mon village deFernev, pour le lieu de leur trans- « migration ; ils se sont répandus aussi dans les villages d'alentour. « Je les ai convertis à moitié , car ils ne vont plus au prêche; il est

• vrai qu'ils ne vont pas non plus à la messe , mais on ne peut pas « venir à bout de tout^ en un jour, et il faut laisser à la grâce le « temps d'opérer. » ,

' Voltaire en donne pour preuve à M. Alamand , ministre du pays de Vaud, le traif suivant:

« Je vous assure que le 3o mai dernier (1771) , Calvin et le jé- ■ suite Garasse auraient été bien étonnés , s'ils avaient vu une cen- « taine de vos hugueiiots dans mon village , devenu un lieu de plai- « sance , faire les honneurs de ce que nous appelons la fête de Dleu^ « élever deux beaux reposoirs , et leurs femmes assister à notre

• grand' messe pour leur plaisir. Le curé les remercia à son prône , « et fît leur éloge. Voilà ce que n'auraient fait ni le cardinal de Lor- « raine ni le cardinal de Guise. ■ Correspondance générale, t. lxvii, page 454.

DE VOITAIH^- ^3l

billetb qui se trouvent inscrits sur sou livret (le receltes, mais dont on n'a point rap})Oilé la liste , à cause de l'aridité de pareils détails. On se borne à faire observer qu'il en résulte c[u'un capital de 5o,QQ0 à 60,000 livres était constamment employé par lui à des escomptes de billots pour ceux des habitants de sa colonie qui avaient besoin de matériaux à uiettre en œuvre pour l'borlogerie, ou de maisons plus commodes pour leurs établissements. V^oltaire tenait en leur laveur une espèce .de banque de bienfesance et d'encouragement. Aussi, tant qu'il habita Ferney , la prospérité de ce pays et le bien-être des artisans et des agriculteurs allèrent toujours croissant ^ et tout déchut au départ et smtout à la mort de ce grand homme.

' On empruntera ici au Mémoire manuscrit qui a été communiqué par M. Mallet, et dont on a cité quelques fragments dans la Bingruphifi de f'oltairc, toniç i , page ^79, les clei|\ anecdotes suivantes, qui peuvent donner une idée de la biçnlesance du patriarche de Feruey.

« Instruit qu'un laboureur de Ferney était en prison pour paiement d'une dette de y, 5oo livres , Voltaire paya [»our lui cette somme , et sur ce qu'on lui objectait que cet homme n'ayant pour tout bien qu'une nombreuse famille, la somme serait entièrement perdue pour le préteur : « On ne perd pas son argent, répondit-il , « lorsqu'on rend un père à sa famille, et un citoyen à l'état. »

« Un autre agriculteur, qui n'était point du ressort de Ferney, ayant perdu au parlement de Besançon un j)rof«'s qui consommait sa ruine, a , dans sou désespoir, recours au crédit de Voltaire , pour faire revoir son procès; Voltaire pleure avec lui, prend ses papiers, les fait examiner par son bailli; relui-ci est d'avis que la cause de ce malheureux est bonne , et que des nullités dans la procédure donnent ▼oie à l'appel ; mais le philosophe , loin d'encourager la tentative d'un procès nouveau , entre dans son cabinet , et en revient por-

U3ci FORTUNE DE VOLTAIRf.

(Jii lut peut mieux compléter les renseignements qui précèdent qu'en rapportant le témoignage de Wagnière. Il porte la fortune de Voltaire à peu près à la même somme que nous l'avons évaluée d'après le relevé de son livre de recettes , et il indique en même temps quelques-unes des sources de l'augmentation de son revenu.

«Une des causes, dit-il, de la grande fortune de M. de Voltaire qui, à sa mort, avait cent soixante mille libres de rentes, fut qu'il plaça des épargnes en rentes viagères, et qu'il tirait un gros intérêt à cause de la mauvaise santé dont il s'est plaint toujours. Ses revenus ont doublé dans les vingt dernières années de sa vie. Il m'a souvent assuré qu'il avait perdu deux fois les fonds de ses rentes dans le temps qu'il n'en avait que soixante -dix mille par an, et j'ai remarqué que c'étaient les pertes qui lui donnaient cet esprit d'ordre et d'économie qu'on lui a si injustement reproché et que ses ennemis traitaient d'avarice ^»

tant dans le pan de sa robe trois sacs de mille liyres chacun , formant ensemble la spmme objet du procès perdu. «Voilà de quoi, • dit-il , réparer les torts de la justice, ne plaidez plus, et si vous « voulez vous établir sur mes terres , je m'occuperai de votre sort »

' Mémoires précédemment cités, page 21 3.

LETÏUES

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