‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 101 sur 405 · A M. L'ABBË AUDRA · texte numérisé non relu

A M. L'ABBË AUDRA

13 ftYril.

Depuis votre dernière lettre» mon cher philosophe, j*ai été sur le point de finir ma carrière ; mais la nature me permet encore de faire quelques pas. Vous devez à présent avoir vu votre protégé Sirven ; vous voilà chargé d*engager le parlement de Toulouse à faire une bonne action. Vous avez commencé, vous achèverez.

Je présente très-discrètement ma sincère et respectueuse reconnaissance au magistrat compatissant, qui veut bien prendre en main la cause d*une famille si innocente et si malheureuse. Il est véritablement philosophe, puisqu'il veut faire le bien et qu'il est votre ami.

Sirven ne m'a point écrit ; et il a tort, à moins que ce ne soit sa circonspection qui l'ait retenu. J'attende tout pour lui de vos bontés. Il m'a bien promis qu'il ne ferait aucune démarche que par vos ordres. Vous devriez bien m'envoyer les noms des conseillers au parlement qui se piquent d'être citoyens et point du tout papistes. Quand vous aurez mandé au bon vieil-

* Son ÉpUre à BoUeau, intitulée aussi M(m TutamenL

* Pour Jouer le principal Me de sa comédie le Dépositaire^ qu'il avait alwndonnée à Thierlot.

* le$ Saisons.

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lard Simécm que vous avez remporté la vicloire pour Sinreo, mon âme partira en paix.

30 aTril.

J*eus l'honneur, monsieur le comte, de vous répondre et de vous remercier, il y a plusieurs mois. J'adressai ma lettre chez M. le prince de Soubise. On ne peut faire que des réflexions désagréables sur les irrégularités de la poste, et il faut se taire.

Vous parlez d'aller voir les Turcs; c'est apparemment pour les battre. Vous êtes trop bon chrétien et trop galant pour prendre le parti des infidèles contre les dames. A Tégard de brûler des maisons et de couper les arbres fruitiers par le pied, comme cela ne se trouve ni dans Thistoire d'Attila ni dans celle de 6ensérie, et que je ne me mêle plus que de l'histoire ancienne \ ce n'est pas à moi de parler de tels exploits; mais ceux de votre valeur et de votre prudence me seront très-précieux.

Vous savez, monsieur, avec quels sentiments je vous suis dévoué.

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