‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 104 sur 405 · A M. THIERIOT · texte numérisé non relu

A M. THIERIOT

Ferney, la S mai.

Le petit magistrat de proyince's*attendaity mon cher ami, à l'avis du procureur' que vous avez consulté. Je le lui avais prédit, et, en dernier lieu, je vous en avais prévenu. J*ai connu ces gens-là, lorsque j'étais dans votre ville de Paris. Il n'y a d'autre parti à prendre qu'à me renvoyer les pièces du procès. Le jeune magistrat arrangera lui-même la procédure. Ily a même de nouvelles additions qu'il a faites à son factum. Il me le remettra, dès qu'il y aura travaillé, et vous l'aurez incessamment. Je pense que vous pourrez tirer parti de l'impression, et que la cause est intéressante pour un certain nombre d'honnêtes gens.

Je vous prie, mon cher ami, de m'envoyer YAlexan-' dre Linguet ^ et les Maladies de l'Esprit^ nouvelle édition.

Tâchez de me faire avoir le petit livre de l'abbé de Chateauneuf, sur la musique des anciens; vous savez que j'en ai besoin. Je vous ferai rembourser le tout fort exactement. Je vous embrasse de tout mon cœur.

Le vieux malade.

' Il s'agit ici de Préville et des comédiens qui ayaient demandé des corrections à sa pièce.

* Histoire du siècle d^ Alexandre le Srand, de Linguet, réimprimée en 1769.

iU LETTRES INÉDITES

629. — A M. SIGNY, BMSiirATBum povm la tillb m pakh, âv wmÊfm Mvm m BomAm.

A Feraey, 6 mai.

Vous avez fait, montiettr, à mes rtiraites de Feraey et des Délices un honneur que ni elles ni moi ne méritions. J'ai été bien étonné de me trouver très-ressemblant dans des figures de quatre ou tinq lignes. C*est un prodige de Tart. Vos dessins dureront plus que mes maisons; elles sont fort changées depuis que vous ne les avez vues. Je me suis défait des Délices, et j'ai ajouté deux ailes au château de Feraey. Les quatre tours qui cachaient une très-belle vue sont détruites. Les jardins sont augmentés, et ce séjour est actuellement moins indigne de vous recevoir.

La santé, sans laquelle on ne jouit de rien, me manque absolument. Les neiges dont je suis entouré, secondées par soixante et quinze ans, me priveront bientôt de la vue; mais rien n'affaiblira en moi Testime et la reconnaissance que je vous dois. C'est avec ces sentiments que j'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très*humble et très-obéissant serviteur.

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