‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 110 sur 405 · AM* BORDES · texte numérisé non relu

AM* BORDES

s jolUet.

Mon cher ami, mon cher philosophe, vos lettresvalent beaucoup mieux que tous les rogatons que je vous ai envoyés. J'aurais dû 6tre un peu moins votre bibliothécaire, et un peu plus votre correspondant. Je seraie bien curieux de savoir la vérité de Thistoire de votre médecin italien :j*ai peur qu'il ne soit doublement charlatan. S'il lui prenait fantaisie de voir Genève, je vous avoue que je serais curieux de m'entretenir avec lui.

Je ne sais pas trop ce que sera le cordelier Ganga* nelli; tout ce que je sala, c'est que le cardinal de Ber^ nis l'a nommé pape, et que par conséquent ce ne sera pas un Sixte-Quint. C'est bien dommage, comme vous le dites, qu'on ne nous ait pas donné un brouillon, n nous fallait un fou, et j'ai peur qu'on ne nous ait donné un homme sage. Plût à Dieu qu'il ressemblât au pontife de la tragédie que je vous envoie! Les abus ne se corrigent que quand ils sont outrés. Je vous demande en grâce de ne montrer cette tragédie à personne, avant

de m'en avoir dit votre avis. Elle ne sera pas jouée sans doute; car les magistrats ne sont pas encore assez raisonnables, et il n*y a point d'acteurs. Tout tombe en décadence, excepté Topéra-comique, qui soutient la gloire de la patrie.

Adieu» mon cher ami; dites-moi votre avis, gardez* moi le secret et aimez-moi.

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