‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 115 sur 405 · A M. LE PRINCE DE LIGNE · texte numérisé non relu

A M. LE PRINCE DE LIGNE

Ferney, 1% jnillH.

Un vieux malade, un homme devenu absolument inutile au monde et à lui-même se met aux pieds de M. le prince de Ligne, et lui demande pardon d'avoiC'

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été deux mois entiers dans un état si triste, qu'il lui a été absolument impossible d'écrire*

Je saiSy par mes yeux et par mes oreilles, monsieur le prince, combien vous êtes aimable ; je sais, par les yeux et par les oreilles d'autrui, que mademoiselle Dubois est grande, belle et bien faite, et qu'elle a une voix charmante. Je sais encore quels ordres vous m'avex .donnés pour elle; mais je n'ai pas plus de crédit dans le tripot, dont elle a l'honneur d'être, que le roi de Pologne n'en a sur les confédérés de Podolie. Bien en prend à mademoiselle Dubois d'avoir d'autres talents que ceux du théâtre '.

Ce malheureux Théâtre-Français est absolument tombé; mais le temple de l'Amour, dont mademoiselle Dubois est première prêtresse, ne tombera jamais. L'Opéra-Comique est actuellement le seul spectacle à la mode.

Il y a une tragédie nouvelle intitulée les Guèbres, et qui pourrait être intitulée V Inquisition; elle ne sera probablement jamais jouée. Elle est pourtant extrêmement honnête ; il y a surtout une dernière scène que je vous invite à lire.

Agréez, monsieur le prince, mon très-tendre res* pect, et pardonnez au pauvre vieillard Y.

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