A M. L'ABBÉ AUDRA
Votre ami Tabbé Morellei a fait uo excellent ou* vrage, qui pourrait bien aboutir à faire abolir la Compagnie des Iodes. Je voudrais qu*il fit abolir aussi des établissements beaucoup plus funestes.
L*affaire de Sirven me parait furieusement traîner en longueur. A-t^-il rencontré des difficultés? N^est-il pas conduit par un excellent avocat? N'a-t-il pas de bons protecteurs? Je vous supplie de vouloir bien^ quand vous aurez un moment de loisir, me mettre au fait de la situation de cet infortuné.
Il y a un académicien de Toulouse, nommé d*A]v quier, qui me mande qu*on fait une souscription pour former une bonne troupe de comédiens, et que Tintention des souscripteurs est de faire représenter des pièces tragiques avec des cbœurs. Je me prêterais volontiers à cette entreprise, s*il y avait en effet une bonne troupe, ou du moins une troupe qu'on pût for» mer. Mon goût pour les beaux-arts ne finira qu'avee ma vie; mais j*aime mieux employer mes dernien jours à servir avec vous des malheureux.
Je vous embrasse de tout mon ccsur.